"les ADB ne sont pas les seuls à s'interroger sur les conséquences de l'arasement programmé des barrages de Vezins et la Roche Qui Boit".

Publié le 21 Novembre 2013

Ce 20 Novembre, Madame MANET, Présidente de l'AGEB (Association des Amis du Site de Genêts, de ses Environs et de la Baie du Mont-Saint-Michel) écrit à Monsieur TRAVERT (Directeur de l'Intersage)





Copie de mes interrogations formulées auprès de Laurent Travert; directeur de l'intersage.

Vendredi, les associations de protection de l'environnement du Sud Manche se réunissent sous la houlette du Grape. Je compte envoyer au Grape mon questionnement ou les réponses reçues et leur demander d'intervenir pour obtenir les réponses appropriées. Danièle Polve-Montmasson , préfète de la Manche a affirmé au sénateur Bas qui lui avait répercuté nos questions que les enjeux environnementaux liés à la baie du Mont-Saint-Michel sont bien intégrés dans les études engagés....

Amicalement.

M-C Manet, AGEB




Monsieur le directeur,

Je vous remercie de m'avoir envoyé la lettre que j'ai égarée. Par contre, j'ai en ma possession la brochure intitulée La sélune au long cours.

Puis que vous me proposez de répondre à mes interrogations, je me permets de vous soumettre les questions suivantes :

I - Sédiments et traitement des éléments pollués en amont du barrage

- A propos des sédiments fins remis sur les berges :

Une partie des sédiments serait remise sur les berges du lit retrouvé de la Sélune. Des études soulignent la fragilité de ces berges en cas de crue, après l'effacement des barrages les sédiments risquent d'être emportés en aval et de pénétrer dans la baie. Quelles sont les mesures préventives prévues ? Certains préconisent d'attendre que plusieurs crues passent entre l'arrêt de la production électrique et la démolition des ouvrages, plusieurs années. D'après les derniers renseignements, les travaux devraient s'effectuer sur une courte période, 4 ans de 2014 à 2018.

- Quelle sera la destination de la masse de sédiments qui ne sera pas remise sur les berges du lit retrouvé ? La masse estimée serait d'environ 650 000 m3?

_ Quel est le procédé retenu pour dévaser les retenues : dévasement par pelle mécanique, par pelle suceuse et évacuation en décharge.?

Le coût de l'opération varie en fonction du procédé utilisé. Instruit par diverses expériences, la dernière en date celle du dragage à l'américaine de l'estuaire du Couesnon en aval du barrage , option retenue pour des raisons d'économie, mais s'apparentant à une politique de Gribouille avec la remise en suspension des sédiments qui seront pour une grande partie repris par la marée suivante et dispersés autour du Mont, nous craignions que les choix ne soient plus motivés par leurs coûts que par le respect des écosystèmes.

- Un contrôle permanent des matières en suspension est-il prévu avec l'ajustement des concentrations de matière en suspension envoyées en aval ?

- Dans les études publiées par le département, j'ai trouvé une étude sur les métaux lourds. Par contre celle sur la répartition des sédiments dans les retenus et leurs caractères physico chimiques m'est inconnue.

II - La qualité des eaux de la baie et l'effet sur les habitats de la baie, les grands oubliés

- Il n'y aurait pas eu d'étude spécifique dans la baie sous le prétexte que la masse de sédiments serait trop faible par rapport à celle apportée par la mer.

C'est ignorer le rôle spécifique des rivières dans la baie et leur dynamique. Ce sont elles qui emportent la majeure partie des matières telluriques. Comme vous le savez , en raison de la courantologie, les eaux telluriques sont confinées dans un espace réduit, estimé à 500 km2. Le renouvellement de ces masses est lent. La baie est une nursery de poissons.

Le rapport des Ponts et Chaussées effectué après les chasses réalisées en 1993 préconise une évaluation dans l'ensemble du bassin versant y compris l'estuaire et le littoral. En page 14 du rapport " Il apparaît que l'enrichissement des eaux en phosphore et azote est susceptible de modifier le comportement rhéologique des vases ..

et il souligne les effets à long terme sur l'habitat et les organismes aquatiques avec un risque de colmatage "

Dans ce rapport une étude rhéologique en canal expérimental est préconisée et non par simple modélisation pour les sédiments , surtout ceux situés dans les retenues.

Il me semble que la seule modélisation soit prévue.

Les renseignements donnés en page 4 et 5 dans la brochure sont trop succincts. Je cite " l'étude Idra a conclu à l'absence de risques sanitaires sur le site des barrages à l'exception du secteur de l'Yvrande. Pour la baie, un voeu pieux : Il convient cependant d'éviter les transferts vers l'aval notamment vers la baie en stabilisant les terrains lors de la vidange. Aucune précision sur les méthodes qui seront employées

- Pour protéger la ressource de toute altération, il convient dès à présent de faire des prélèvements pouranalyser la qualité écologique et la qualité chimique des eaux confinées et de faire des tests en fonction des apports qui seraient liés à l'effacement des barrages. Entre l'éprouvette et le milieu naturel, les mésocomes, écosystèmes synthétiques , permettent d'étudier l'impact des polluants sur l'environnement. Les tests en mésocosmes montrent que les effets apparaissent à des doses bien plus faibles que ne laissaient penser les études en laboratoire.

Cette étude doit figurer dans l'étude d'impact. Le suivi qui sera effectué interviendra à postériori. En raison de la durée des travaux , 4 ans, de celle des expérimentations effectués a postériori, les résultats seront fournis que trop tardivement, ce seront simplement des constatations.

La protection de l'écosystème de la baie doit être prise en considération avant le lancement des travaux : confinement et concentration des polluants, effets à long terme sur l'habitat et les organismes aquatiques.

Monsieur le Directeur, je vous sais très attaché à la qualité des eaux de la baie et à la protection des habitats inscrits dans Natura 2000. Aussi, vous fais-je confiance pour m'apporter les éclaircissements demandés.

En m'excusant de la longueur de ce questionnement, je vous prie d'agréer l'assurance de ma considération distinguée.

Marie-Claude Manet, AGEB




 

Rédigé par jojo

Publié dans #Nos arguments

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