Arasement exemplaire des barrages : «Pas si sûr»

Publié le 8 Avril 2014

Arasement exemplaire des barrages : «Pas si sûr»

Doutes, craintes, mensonges. Les Amis du barrage redemandent une étude « sérieuse et indépendante » sur le risque d’inondation quand les barrages ne seront plus là.

Dernière mise à jour : 04/04/2014 à 11:00

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Suite à la réunion de la Commission locale d’information (CLI) sur l’arasement des barrages de la Sélune, le 21 février à la Mazure, l’association Les Amis du barrage, opposée à cet effacement depuis son annonce en 2009 par la ministre de l’Ecologie au nom de la libre circulation des poissons migrateurs, émet des doutes, fait part de ses craintes et dénonce « un mensonge trop souvent répété ».
« Nous ne sommes pas compétents pour dire que les choix techniques des pouvoirs publics ne sont pas pertinents. Nous ne pouvons qu’émettre des doutes ». L’évaluation donnée de la quantité de sédiments (2,5M de m3), leur système d’évacuation et le traitement du secteur pollué aux métaux lourds dans le cône de l’Yvrande sont dans son collimateur, mais pas seulement.
«Déni du risque »
«Nous sommes en mesure de prouver que les pouvoirs publics ne disent pas la vérité quand ils affirment que les barrages n’ont aucun rôle dans la régulation du débit de la Sélune en cas de forte pluviométrie » souligne son président, le conseiller général du canton d’Isigny-le-Buat et le maire de Poilley.
Copie de deux fax émis le 17 décembre 2011 par EDF à l’appui — dont la préfecture et la Direction départementale des territoires et de la mer (en charge de la suppression des barrages) ont été destinataires — l’association accuse l’administration « de nier l’évidence : les barrages ne sont pas transparents ».
Le premier document émis à 10h et annonce un état de veille avec un débit entrant de 60 m3 par seconde et d’un débit restitué de 50 m3/s. Le deuxième, envoyé à 19h, annonce la fin de l’état de veille avec un débit entrant de 44 m3/s et un débit sortant de 41 m3/s. « A l’évidence, les barrages ne sont donc pas transparents et ce genre de situation se produit plusieurs fois par an ».
«Le bien-être et le confort de la population seront sans doute mis à mal faute de financements, la fermeture de la base de loisirs et des licenciements sont à craindre et beaucoup d’argent public aura été englouti pour rien. Mais à défaut de prendre en compte l’aspect économique et environnemental, les pouvoirs publics se doivent de protéger les personnes et les biens.
Nous nous trouvons devant un véritable déni du risque face auquel un manque de prudence pourrait être considéré comme une faute au regard de la jurisprudence du Conseil d’Etat ». C’est la raison pour laquelle Les Amis du barrage redemandent à a préfète de conduire une étude « sérieuse et indépendante » afin d’appréhender « avec réalisme » le risque d’inondation à l’aval des barrages actuels quand ils auront été supprimés.
P.B.
pascalebrassinne 

Rédigé par jojo

Publié dans #Nos arguments

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