Barrage de la Visance
Publié le 24 Février 2011
Pourquoi un barrage ?
L’agglomération flérienne, 30 000 habitants, 3ème bassin industriel de Basse-Normandie, est confronté à un problème de ressource en eau potable. « Nous sommes en tête du bassin-versant. Il peut pleuvoir pendant des jours, notre territoire ne retient pas l’eau et n’est arrosé que par de petits cours d’eau », explique Yves Goasdoué. A cela s’ajoute l’absence de nappes phréatiques importantes. Résultat l’approvisionnement en eau potable pourrait être remis en cause en cas d’été très sec. « Les derniers étés, cela a été très juste. On était sous la menace de devoir appliquer des mesures de restriction de consommation aux habitants et aux entreprises », insiste le président de l’agglomération qui assure « on n’a pas d’autre solution que la construction d’un nouveau barrage sur la Visance afin de reconstituer une réserve d’eau ».
Quel type de barrage ?
Le nouveau barrage de type « poids » sera plus trapu que l’ancien à « contreforts . « Nous avons fait ce choix car, ce sont les plus sûrs, capables de résister à de fortes crues », indique Antoinette Tardie
JEUDI 13/01/2011 L’Orne Combattante
ENTRE Bocage et Suisse Normand
Barrage sur la Visance : c’est parti pour un an de travaux… et de camions
Le chantier de construction d’un nouveau barrage sur la Visance à Landisacq, Chanu et Saint-Paul, débute la semaine prochaine. Un an de travaux est prévu pour cet ouvrage de 4,9 millions d’euros. Quelques perturbations aussi.
u, ingénieur du cabinet angevin ISL, en charge de la conception du barrage. Il sera construit 10m en aval de l’ancien. Ses mensurations sont impressionnantes : 190m de large et 15m de haut, dont plus de 8m de fondations dans la roche granitique du sous-sol. « Nous allons procéder a des injections de béton au-delà même ». Le béton qui va constituer le corps du barrage va être coulé par plots successifs avec l’aide d’une grue à tour. « Au total, nous allons couler 9 000 m3 de béton », précise Olivier Nury, chef de chantier chez Bouygues TP qui a décroché le marché de construction du barrage. Le niveau des eaux sera élevé d’un mètre par rapport à l’ancien barrage. Le volume de réserve d’eau passera ainsi de 350 000m3 à 470 000m3.
Quels travaux ?
Le gros morceau, c’est bien entendu la construction du barrage. Les travaux débuteront par du terrassement en rive droite, avant de couler les premiers plots de béton. Puis dans un deuxième temps, la Visance sera déviée pour travailler sur la rive gauche. L’ancien barrage ne va pas être détruit car il va permettre de retenir l’eau pendant la durée des travaux. Ensuite, il sera arasé pour disparaître sous la surface de la retenue d’eau. L’autre grand volet de travaux va concerner le curage du bassin de retenue sur 15 hectares. C’est l’entreprise Routière Pérez de Condé-sur-Noireau qui en aura la charge. La végétation qui a pris possession des lieux va être rasée et près de 26 000m3 de vase doivent être enlevés. Soit un gain de 50cm de profondeur. « Le but est d’améliorer la qualité de l’eau qui servira à produire l’eau potable », indique Antoinette Tardieu. Enfin, les bassins de décantation de la Blaire vont être eux aussi curés. Et deux autres bassins de décantation vont être aménagés à L’Aubrière.
Quelles perturbations ?
Les travaux de construction du barrage ne vont pas provoquer de réelles gênes pour les habitants de Saint Paul, Chanu et Landisacq, les trois communes concernées. Aucun tir de mine notamment n’est prévu. Ce qui va bien davantage poser problème, ce sont les allers-retours des camions. Tout d’abord pour approvisionner le chantier en béton puisque 50 jours de coulage sont programmés. Durant ces jours, 25 camions se succéderont sur la D257. « Mais nous n’emprunterons pas le bourg de Landisacq », assure Olivier Nury. Beaucoup plus problématique en revanche, l’évacuation des sédiments issus du curage du plan d’eau qui s’étalera sur 5 semaines. Le va-et-vient atteindra alors 200 camions par jour, soit 28 par heure. « On profitera des vacances de Pâques et on finira cet été », assure Olivier Leriche, directeur de Routière Pérez, avant de préciser : « En espérant que la météo nous soit favorable… ». Un nettoyage quotidien des routes emprunté par les camions est prévu. Et à la fin des travaux, « une réfection des petites routes départementales empruntée sera nécessaire », reconnaît le président de l’agglomération flérienne qui s’engage à négocier cela avec le conseil général de l’Orne.
Quelles activités possibles ?
« La réglementation en la matière est très stricte : la retenue d’eau ne sera pas accessible et aucune activité de loisirs ne peut être pratiquée », indique Yves Goasdoué. Pas question de pêche, de chasse ou de loisirs nautiques contrairement à ce qui se pratique au lac de la Dathée, non loin de Vire. « C’est l’ancienne réglementation qui prévaut là-bas. Nous, ce sera la nouvelle ». La seule vocation de la retenue sera donc la production d’eau potable. Deux prises d’eau seront aménagées au niveau du barrage pour acheminer l’eau jusqu’à la station de la route d’Athis à Flers. « Avec cette réserve d’eau, on se met à l’abri d’une pénurie et on est même en capacité de sécuriser l’apport d’une partie de l’ouest de l’Orne et , notamment, le syndicat d’eau de Tinchebray ».
Quel calendrier ?
Les travaux vont dé buter dès la semaine prochaine pour une durée d’environ un an. Les premiers gros travaux de terrassement doivent débuter en février. Les premiers coulages de béton en mars. « S’il n’y a pas d’intempéries ou de problème de sol, le barrage devrait être livré pour Noël » estime le chef de chantier de Bouygues TP. La mise en eau devrait suivre dans les mois qui suivent. «On est tributaire des précipitations car on a l’obligation de laisser un débit suffisant dans la Visance ».
Frédéric Macé
REPERES
L’ancien barrage sur la Visance avait été mis en service en 1952. Il a cessé son activité en 2006 par principe de précaution. Le nouveau doit rentrer en service pour l’été 2012. Le coût du chantier est estimé à 4.9 millions d’euros. L’état apporte 1,3 million, le Département 1,3 million et l’agglomération flérienne 2,3 millions. Ce nouveau barrage large de 190m doit permettre de créer une retenue d’eau de 470 000m3, afin de compléter la ressource en eau potable de l’agglomération flérienne. La consommation de cette dernière est d’environ 7 000m3 d’eau par jour.
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