D'un barrage à l'autre, on régule les crues

Publié le 5 Avril 2014

D'un barrage à l'autre, on régule les crues
Morbihan - 27 Décembre 2013

Jean-Charles MICHEL.

Celui d'Arzal empêche l'eau de mer de remonter et d'entraver la vidange de l'Oust et de la Vilaine. À Guerlédan, EDF freine le débit pour éviter des montées brutales de niveau du Blavet.

 

650 m3/seconde

C'était le débit de la Vilaine enregistré hier à Arzal. Le week-end dernier on en était à 90 m3/s, mardi à 130 m3/s, mercredi à 240 m3/s et jeudi à 420 m3/s. Cette progression rapide est liée aux quantités de pluie très importantes (de l'ordre de 60 mm à 85 mm en 24 heures) tombées dans la partie amont du bassin versant de la Vilaine.

« Tant que le débit est inférieur à 800 m3/s environ (crues qui ont une chance sur vingt de se produire chaque année), le barrage remplit parfaitement son office », explique Jean-Pïerre Arrondeau, directeur-adjoint de l'Institution d'aménagement de la Vilaine (IAV) « Au delà, comme lors de la très grande crue de 2001 (1 500 m3/s), il n'est plus efficace. On le laisse alors ouvert en grand, en permanence. »

Chasse d'eau

Le barrage d'Arzal permet de bloquer l'onde de marée quand elle remonte le fleuve. « On ouvre le barrage quand la mer baisse pour permettre à l'eau douce de s'évacuer. »

C'est le niveau de la mer qui constitue une limite à la vidange. Par fort coefficient, la mer remonte plus haut mais descend aussi plus bas. « Jeudi, 50 millions de mètres cubes d'eau ont été ainsi évacués. »

Un effet décalé

Entre le moment où les précipitations se produisent en amont et celui où les masses d'eau s'évacuent en mer, le délai est incompressible. « L'onde de crue maximale n'est pas encore passée. Le phénomène va mettre du temps à s'atténuer. Il ne faudrait pas qu'il pleuve beaucoup ce vendredi. »

Repères de crues

Des disques de fonte émaillée montrant le niveau atteint par les crues, avec l'année de l'événement, sont placés en évidence, sur des édifices repérables. « On les fait installer à des endroits stratégiques. C'est fait dans la vallée de l'Oust, le pays de Redon jusqu'à Rennes... »

Sous la cote de décembre

L'eau atteignait la cote de 121,19 mètres, hier, à l'échelle du barrage de Guerlédan. « On s'est mis en dessous du niveau moyen de décembre (121,79 m) en prévision d'éventuelles chutes de pluie dans les jours à venir », précise Armel Villain, ingénieur EDF.

Pas alarmant

Le débit d'eau rentrant dans la retenue de Guerlédan est revenu à 30 m3/s contre 80 m3/s les trois jours précédents. Le débit d'eau sortant du barrage est actuellement de 45 m3/s. « On doit éviter une brusque montée du niveau du Blavet en aval, tout en nous garantissant d'un risque de submersion du barrage. La situation n'est pas alarmante. On est en exploitation normale. Si les précipitations l'exigeaient, on serait amené à lâcher plus d'eau en accord avec la préfecture. »

Rédigé par jojo

Publié dans #Nos arguments

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