L'État raye de la carte le barrage de la Trave

Publié le 20 Septembre 2012

Publié le 28/02/2012 à 06h00
Par Pierre Lascourrèges

Préchac

L'État raye de la carte le barrage de la Trave

La démolition du barrage de la Trave promise par le préfet met fin à toute production
hydroélectrique. Les maires de Préchac et Uzeste dénoncent un abus de pouvoir.

1 commentaire(s)

On évalue à un million d'euros les frais de démolition du barrage de la Trave par l'État. (PHOTO P. L. )

Partager

 

Envoyer à un ami

 

Imprimer

Le barrage de la Trave est bien promis à la démolition. Un arrêté daté du 30 janvier,
signé du préfet, acte la décision d'arasement total de l'ouvrage. Ce barrage hydraulique
situé sur le Ciron produisait de l'électricité pour le compte de la Société hydraulique
d'études et de missions d'assistance (Schema), filiale d'EDF. Cette société ayant mis un
terme au contrat de concession fin 2010, l'ouvrage est alors devenu la propriété de l'État
qui met fin à sa destination hydroélectrique.

À la charge des contribuables

« On n'est pas d'accord. Il est dommage de se priver d'une utilité énergétique »,
avait alerté il y a quelques semaines Jean-Paul Méric, président du Syndicat mixte

d'aménagement du bassin-versant du Ciron, qui réclame toujours une discussion avec
les autorités. En vain.

« On peut estimer à un million d'euros la dépense publique que l'État devra engager
sur les travaux de destruction du barrage en y incluant les frais des études d'impact. Un
opérateur privé n'aurait eu qu'à débourser environ 500 000 euros pour une réhabilitation
des installations et surtout sans qu'il n'en coûte un centime au contribuable », relève
Jean Cayrol, directeur général de la société Cayrol International, spécialisée dans le
traitement des énergies et de l'environnement, intéressée pour reprendre la concession.
Et l'on apprend qu'une autre société avait fait acte de candidature sur le barrage de la
Trave.

Ni explication ni concertation

« Il faudra qu'on m'explique dans quelle mesure un barrage hydraulique peut devenir à
ce point inutile, quand des entreprises nous ont sollicités pour en reprendre l'exploitation
et sans que l'on en ait fait de publicité », fait remarquer Sandra Barot, maire de Préchac,
pour qui la décision du préfet pose à la fois un problème sur la forme et sur le fond : « Il
n'y a eu aucune information, ni concertation de la part des services de l'État. Le préfet ne
joint à son courrier aucune explication et ne fournit aucune étude, pour justifier les avis
négatifs des agents de l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema) et de
la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal). J'ai
l'intime conviction que cette décision a été prise en toute confidentialité au sein même de
ces administrations. »

Privés d'une ressource locale

À ses côtés, Jeanne-Marie Baup, maire d'Uzeste, témoigne de la même déception. Ce
barrage de la Trave, tout comme cette vallée du Ciron, ont été pour elle des terrains
de jeux, depuis sa prime enfance : « Ce dont il faut se rendre compte, c'est que la
puissance d'une centrale fournirait une production annuelle d'électricité qui répondrait
aux besoins d'alimentation de centaines de foyers. En assurant une production d'énergie
sur place, on aurait l'immense avantage de privilégier naturellement notre population. »

Préchac · Uzeste

Rédigé par jojo

Publié dans #Nos arguments

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article