"la réunion du 16 Février au ministère; analyse du relevé de décision".
Publié le 21 Février 2012
Bonjour à tous,
Comme vous le savez, une réunion s'est tenue au ministère de l'Ecologie le 16 Février. Cette réunion faisait suite aux différents courriers adressés au ministère et aux actions que nous avons menées avec les élus pour tenter de faire en sorte que l'Etat revienne sur sa décision d'araser nos barrages.
Les sénateurs BAS (pro barrages) et Bizet (pro arasement), le premier Vice-président du Conseil Régional (J.K DESCHAMPS - pro arasement -) et tous nos élus étaient présents à cette réunion. Michel THOURY, lui aussi invité, (président du SAGE et de la CLE) s'est contenté de demander si les barrages allaient être effacés ou pas, sans développer d'arguments allant dans les sens de l'arasement.
Nous nous sommes réunis hier lundi en fin d'après-midi pour analyser le relevé définitif de décision signé et envoyé par la ministre quelques minutes avant.
Ce document est le signe d'une avancée significative, mais il ne nous satisfait pas. Il est aussi la preuve que ce dossier n'a pas été préparé et que les pouvoirs publics prennent conscience de la difficulté qu'ils auront à le faire aboutir.
"L'Etat propose une adaptation des conditions de mise en œuvre et du calendrier". Mais il ne revient pas sur sa décision et refuse qu'il soit fait mention d'un moratoire.
Sans doute pour tenter de réparer un grave défaut de communication, "un document de présentation et surtout de justification sera établi".
"La nécessité d'effacement du barrage de la Roche Qui Boit" sera examinée. Comprenne qui pourra! Comme si ce dossier ne comportait pas déjà suffisamment d'incohérences et de contradictions, on en rajoute un peu, au risque de faire sortir brutalement de leurs rêves quelques pêcheurs de saumons.
Un point très important: "l'abaissement des plans d'eau sera postérieur à la mise en œuvre des mesures d'accompagnement économiques".
L'aspect financier:
Le projet d'effacement sera intégralement financé par l'Etat, l'Agence de l'Eau et EDF (pour ce qui est de sa responsabilité).
Les estimations: le démantèlement des ouvrages, 5 M€; la renaturation de la rivière de St Hilaire à la Baie, 5 M€.
Les engagements: une enveloppe minimale de 5 M€ (dont 2 M€ disponibles immédiatement pour la Mazure) pour les projets d'accompagnement économique.
A l'évidence, le compte n'y est pas! Et loin s'en faut.
"Le comité de pilotage sera élargi". Comprendra-t-il les ADB ?
"Un mandat de gestion sera confié à EDF pour poursuivre l'exploitation jusqu'à la date de vidange". Ce mandat est-il destiné à se substituer à l'actuelle concession?
Le calendrier:
2012/2013: "Une réunion à l'initiative du préfet se tiendra sans délai". "Une réunion sur le projet spécifique de la Mazure sera organisée dans les dix jours". (Il faudra sans doute attendre que Monsieur le Préfet revienne de vacances)
Elaboration des projets, étude de reconversion de la Mazure, études techniques (hydrauliques -inondations-,
sédimentaires et génie civil)
2013/2015: Mise en œuvre des projets d'accompagnement, instructions réglementaires.
2015/2018: Abaissement du plan d'eau, vidange et gestion des boues, renaturation de la vallée et démantèlement des ouvrages.
Un calendrier très approximatif, et c'est le moins qu'on puisse dire. En tout état de cause, il me semble qu'il sera comme les autres: extrêmement difficile à tenir, et c'est une bonne nouvelle.
Nos entretiens d'hier ont été suivis d'un point de presse. La réaction des journaux ne devrait donc pas se faire attendre. FR3 a également tourné un reportage avec une interview de G. HUET et E. GOUPIL.
Pour ma part, je rencontre FR2 demain après-midi au barrage puis à la Mazure.
Mon analyse:
Il y a quelques mois, nous étions loin de penser qu'une telle avancée soit possible et je crois pouvoir dire que nous avons obtenu un sursis dont la durée est impossible à évaluer compte tenu du brouillard assez dense qui entoure le calendrier. Par ailleurs, les différentes opérations (études, projets, financements, concertations...) prendront très certainement beaucoup plus de temps que prévu. Et de nombreuses autres difficultés apparaîtront au fur et à mesure que les pouvoirs publics essaieront de faire avancer ce projet inepte.
Nous ne sommes évidemment pas satisfaits. Mais je sens naître l'espoir de voir une nouvelle brèche s'ouvrir dans les semaines et dans les mois qui viennent. C'est pourquoi je considère qu'il n'est pas nécessaire d'attendre la formation d'un nouveau gouvernement pour que tout soit mis en œuvre et tenter d'obtenir beaucoup plus.
Conviés ou pas, nous serons très attentifs à toutes les réunions censées se tenir très prochainement et nous userons de tous nos moyens de pression pour faire entendre la voix du bon sens et de la raison.
En un mot, nos efforts ont été utiles mais pas suffisants.
Encore plus que jamais, nous devons rester mobilisés. Le combat continue.
Je terminerai sur une note d'humour: http://www.lamanchelibre.fr/medias/pdf/33388/4365.pdf
Votre bien dévoué et néanmoins président,
John
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