Pesticide et saumon de Norvège.
Publié le 6 Février 2013
Est-ce que les norvégiens nous feraient un mauvais remake d’ « Arsenic et vieilles dentelles » ?
Il faut savoir que le diflubenzuron est un pesticide fréquemment utilisé en agriculture, mais pas seulement. Il est aussi donné à manger aux poissons d’élevage pour lutter contre les poux.
.Est-il dangereux ?
Le diflubenzuron est un insecticide de la classe des benzamides. Il agit comme un inhibiteur de la fabrication de la chitine, la molécule complexe qui forme l’exosquelette des insectes. L’usage du diflubenzuron est autorisé en France pour lutter contre différents insectes, notamment les papillons (carpocapses, bombyx).
L'effet du diflubenzuron sur la santé humaine
Selon un rapport de l’OMS, le diflubenzuron est considéré comme très peu toxique, la dose létale 50 (la dose causant la mort de 50 % des animaux) chez la souris étant supérieure à 4,5 grammes par kilogramme de poids corporel. Suivant les études réalisées sur les animaux (souris, chien, rat, lapin), aucun indice ne permet de supposer que la substance soit génotoxique ou carcinogénique. Elle n’est pas non plus fœtotoxique ni tératogénique (ne provoque pas de malformations congénitales), et n’aurait pas d’effet sur la reproduction. Les jeunes animaux ne seraient pas plus sensibles que les adultes.
Toutefois, elle provoque un léger effet hématologique. Par un moyen encore inconnu, elle provoque une augmentation de la concentration sanguine en méthémoglobine (un dérivé de l’hémoglobine). La dose journalière acceptable pour l’Homme est de 0,02 milligramme par kilogramme (suivant la NOAEL, ou dose maximale sans effet, estimée à 2 milligrammes par kilogrammes).
.Le diflubenzuron dans le saumon d’élevage ?
Le diflubenzuron est administré aux saumons atlantiques d’élevage pour lutter contre les poux (Lepeophteirus salmonis). La dose recommandée (3 milligrammes par kilogramme de poisson par jour pendant 14 jours) est administrée par voie orale, par des granules jetés dans l’eau. Selon certaines études résumées dans un rapport de l’Agence européenne des médicaments (EMEA), l’administration de 333 fois la dose recommandée en 1 fois, ou de 33 fois la dose pendant 21 jours n’aurait pas d’effet sur la santé des poissons.
Si les doses recommandées sont bien appliquées dans les élevages, ainsi que les délais avant la vente des poissons traités (100 jours) pour permettre l’élimination de la molécule de la chair du poisson, il ne reste alors que moins de 50 microgrammes de diflubenzuron par kilogramme de poids total de poisson. Sa consommation ne dépasse alors pas les limites recommandées et reste sans danger pour l’Homme.
.Mais il n’en est rien !
.Respect des règles européennes
Suite à la diffusion d’un reportage télévisé concernant les élevages de saumon en Norvège et l’utilisation abusive de diflubenzuron qui mène à l’apparition de poissons « monstres », Lisbeth Berg-Hansen, la ministre norvégienne de la Pêche et des affaires côtières, se veut rassurante. Les conditions d’utilisation du pesticide seraient conformes aux règlementations communautaires (respect du règlement 37/2010 de la commission du 22 décembre 2009 relatif aux substances pharmacologiquement actives et à leur classification en ce qui concerne les limites maximales de résidus dans les aliments d’origine animale).
Source : http://www.futura-sciences.com/fr/doc/t/medecine-1/d/danger-alimentation_1227/c3/221/p6/
Critiquer l’industrie du saumon est de très mauvais goût en Norvège. L’association Green Warriors a vu se déployer une puissante contre-attaque lorsqu’elle a publié l’an dernier son rapport sur l’impact environnemental de l’élevage du saumon. Ils poursuivent leur combat dans un domaine hautement sensible – la pêche y est le troisième secteur d’exportation après le pétrole et le gaz.
Et la France est le plus gros importateur de saumon norvégien, l’essentiel de ce que nous consommons (dont 30% pendant les fêtes de fin d’année) vient des fjords de ce pays. Un marché multiplié par trois en vingt ans, qui pèse 416 millions d’euros annuels.
.Alors, qu’en est-il vraiment ?
Visionnez cette première vidéo consacrée à l’élevage du saumon en Norvège avec des moyens prohibés en France.
Et dans cette deuxième vidéo un peu plus courte, vous découvrirez comment cela se passe chez nous.
Alors, pour les fêtes mangez français, et sans être accusé de chauvinisme nous penserons au saumon de Cherbourg.
http://www.saumoneriegranvillaise.com/le-saumon-de-cherbourg-est-de-retour/
http://www.portdielette.fr/article-pesticide-et-saumons-de-norvege-113400472.html
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