quel avenir pour nos rivières ?
Publié le 16 Février 2011
La saison de pêche se prépare. C'est l'occasion de faire le point sur l'état de nos rivières et d'évaluer, avec le président de l'AAPPMA, l'avenir du cour de la Sélune. En faisant le choix de l'arasement des barrages, les problèmes pourraient bien être déplacés au lieu d'être résolus.
La saison de pêche est bientôt de retour. le 12 mars à 8 h, on pourra sortir les gaules.
La truite saint-hilairienne s'y prépare activement.Il y a quelques jours, elle a tenu son assemblée générale.
L'occasion pour son président, Jean-Pierre Jeglot, de faire le point sur les questions du moment, notamment sur celle de l'arasement des barrages.
Les agriculteurs font des efforts
Premier constat : la qualité de l'eau s'améliore. " Les agriculteurs font beaucoup d'efforts. Les produits qu'ils mettent dans leurs champs sont moins toxiques. Résultat : nous voyons moins de déchets polluants dans les cours d'eau", indique le président de l'AAPPMA (Association agrée de pêche et de protection du milieu aquatique) de Saint-Hilaire. Cependant, il y a toujours des algues vertes dans les lacs, notamment en été. "Le gros problème vient de l'abattage des haies. Dès qu'il pleut, la terre va directement dans les rivières. Et lorsque les haies sont restaurées, on fait des coupe-vent, mais pas de talus. Il faudrait aussi pouvoir conserver les zones humides au lieu de les drainer, sinon, l'eau va directement dans les rivières et donc à la mer. C'est pour ça que les nappes phréatiques ne se remplissent pas."
En outre, le climat a changé. Les pêcheurs le constatent tous les jours."Les niveaux sont très bas, or, en principe à cette saison, la Sélune devrait être pleine. Et quand le barrage de Vezins sera arasé, ce sera pire", indique Jean-Pierre Jeglot.
Il y a deux ans, la societé de pêche a engagé, avec le conseil général et le conseil régionnal, une étude sur l'état des rivières. Des travaux devaient être engagés sur cinq ans mais les budgets n'ont pas été votés.
Autre sujet qui fâche : la question des barrages de Vezins et la Roche-qui-Boit. Les pêcheurs sont, en grande majorité, contre leur arasement. "On parle de manque d'eau partout. Nous, nous avons la chance d'avoir deux réserves dans le Sud-Manche, et on veut nous les supprimer."Un non sens complet", estime Jean-Pierre Jeglot, alors que dans l'Orne et dans les côtes-d'Armor, il s'en construit. Selon lui, la sauvegarde des saumons est un faux prétexte."Le problème du saumon c'est qu'il est pêché avant d'entrer dans nos rivières. Ce n'est pas la faute aux barrages. Dans ce cas, pourquoi maintient-on les ouvrages sur la Vire?" Peut-être Vezins n'est-il plus assez rentable ?
Qu'adviendra-t-il du cour d'eau de la Sélune une fois les barrages détruits ?La ville de Ducey pourrait à nouveau connaître le retour des innondations.
Mais demain, une fois les barrages supprimés, quelles seront les conséquences ?
Pour le président de la truite saint-hilairienne, "il y aura à nouveau des risques d'innondations à Ducey et à Poilley car c'est aussi pour cette raison que les barrages ont été conçus, pour réguler le cours d'eau." Et puis il y aura le problème des phosphates. "Actuellement ils sont filtrés par les lacs. Sans ces derniers, ça ira directement à la mer et les algues vertes se développeront alors dans la Baie du Mont-Saint-Michel."
article la Manche Libre du 19 février 2011 SAINT-HILAIRE/ dossier
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