Rio 2012. L'énergie rattrapée par le business

Publié le 21 Juin 2012

Rio 2012. L'énergie rattrapée par le business

20 juin 2012 à 06h25 - Réagir à cet article

Rio+20, le sommet international consacré au développement durable, s'ouvre ce mardi, au Brésil. La question de l'accès à l'énergie pour tous devrait alimenter de nombreux débats dans un contexte de crise assez peu propice à la pure philanthropie.

1,3 milliard d'individus n'ont à ce jour pas accès à l'électricité dans le monde. Ils sont 2,7 milliards à ne disposer que de bois et ou de déjections animales pour se chauffer ou cuire leur nourriture.
Dans un tel contexte, comment imaginer une émancipation des femmes, favoriser l'éducation des enfants, améliorer les conditions sanitaires, envisager la sortie d'une économie vivrière et éviter que ces populations n'aient en toute logique envie de migrer vers la lumière ?

Une thématique centrale
L'accès aux réseaux d'énergie est ainsi devenu au fil du temps un enjeu géopolitique et un axe prioritaire des politiques de développement, comme le défendent les Nations Unies, mais aussi l'Europe qui a décidé, en avril dernier, de débloquer une enveloppe de 20 M€ pour permettre à 500 millions d'individus d'accéder à de l'énergie renouvelable d'ici 2030.
Ambition louable, certes. Mais pas tout à fait désintéressée... Car en aidant les plus pauvres à accéder à l'énergie, l'Europe cherche aussi clairement à s'ouvrir de nouveaux marchés, notamment en Afrique où la concurrence chinoise se fait de plus en plus pressante.

Énergie : un bien universel
Si en haut lieu, on se refuse à reconnaître une telle ambition, il se murmure dans les couloirs bruxellois que les représentants des groupes énergétiques européens, notamment norvégiens et danois, fréquentent désormais assidûment les instances européennes. À tel point d'ailleurs que les Organisations non gouvernementales (ONG) craignent désormais de se voir écartées des projets de développement liés au marché lucratif de l'énergie.
Et si, finalement, la solution pour résoudre ce problème de l'accès à l'énergie pour tous était ailleurs ? Si l'on se décidait à considérer l'énergie comme un bien universel et non uniquement comme un marché ?
C'est ce que défendent les membres du GENI (Global energy network institute), groupe soutenu par Al Gore et l'ancien secrétaire général de l'Onu Boutros Boutros Gali.
Ce groupe ne fait en réalité que reprendre les idées de l'ingénieur américain Buckminster Fuller qui dès les années 60 se préoccupait de ces questions déclarant alors : «L'énergie électrique - sa production comme sa distribution - est l'un des problèmes majeurs dans le monde», ajoutant que «faire de l'argent, s'employer à assurer aux grandes compagnies influence et profits, est une politique à courte vue».

Interconnexion mondiale possible
C'était il y a plus de 40 ans et dès cette époque, le visionnaire américain déplorait le fait que les grandes entreprises mondiales veuillent imposer l'énergie atomique comme seule alternative au pétrole...
L'homme évoquait déjà le potentiel énergétique des marées, du soleil et du vent, et défendait l'idée d'une interconnexion mondiale possible grâce aux lignes à haute tension permettant aux uns de profiter des ressources renouvelables des autres, en jouant notamment sur les fuseaux horaires, les saisons... Une vision utopiste ? Peut-être. À moins de considérer la mondialisation comme autre chose qu'une concurrence économique morbide entre pays du monde.

  • Anne Burel

Rédigé par jojo

Publié dans #Réaction de nos politiciens

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