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Publié le 26 Octobre 2018

Avranches
Barrages Sud-Manche : « Il faut les garder »
Les Amis du barrage sont encore et toujours opposés à la démolition des barragesdu Sud-Manche. 
Les Amis du barrage sont encore et toujours opposés à la démolition des barragesdu Sud-Manche.  | OUEST-FRANCE

Opposés à la démolition des barrages du Sud-Manche, les Amis du barrage l’affirment : « La décision d’arasement est loin d’être définitive. »

Les Amis du barrage opposés depuis toujours à la démolition des barrages hydroélectriques du Sud-Manche (Vezins et la Roche-qui-Boit), sont toujours en première ligne. Les barrages doivent être sauvés. Ou bénéficier d’un sursis de 20 ou 30 ans. « La décision d’arasement est loin d’être définitive. Si l’arrêté préfectoral tombe, ce qui pourrait survenir dans les jours à venir, nous engagerons tous les recours juridiques possibles. Et croyez-moi, en la matière, nous avons de quoi faire et de quoi gagner », a dit et redit le président des Amis du barrage, John Kaniowsky à ses « troupes » réunies jeudi 18 octobre 2018 à Isigny-le-Buat.

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Rédigé par jojo

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Publié le 25 Octobre 2018

 
La biodiversité des poissons d'eau douce vient de la fragmentation des milieux (Tedesco et al 2017)

Paradoxe des poissons d'eau douce : ils représentent 40% de la diversité totale des poissons du globe, mais ils vivent dans 1% seulement des habitats disponibles. Pourquoi une telle diversité en si peu d'espace? Selon une équipe de chercheurs, la réponse se trouve dans la fragmentation physique des habitats d'eau douce, favorisant l'émergence de nouvelles espèces dans l'évolution, en particulier chez les groupes non migrateurs ayant de faibles capacités de dispersion. Si ces travaux concernent le temps long de la spéciation et de l'extinction, on peut penser que des traits génétiques et comportementaux de certaines populations continuent d'évoluer aujourd'hui, sous l'effet des fragmentations de certains milieux (seuils, barrages) mais aussi des ouvertures d'autres milieux (canaux, translocations). 

Les espèces émergent dans l'évolution quand des populations filles sont isolées de leurs populations mères et s'en différencient peu à peu, par le jeu de la sélection naturelle (reproduction différentielle de certains traits mieux adaptés à un milieu local). Mais un isolement trop extrême peut aussi conduire à une disparition d'une population devenue trop petite. Il y a donc un jeu de balancier entre des tendances à la spéciation et à l'extinction : en limitant le flux de gènes, la fragmentation des populations par isolement géographique est supposée augmenter les taux de spéciation ; une plus grande capacité de dispersion des espèces devrait pour sa part réduire les taux d'isolement et de spéciation, tout en augmentant la résilience des populations aux perturbations, réduisant ainsi également les taux d'extinction.

Quatre chercheurs (Pablo A. Tedesco, Emmanuel Paradis, Christian Lévêque, Bernard Hugueny) se sont penchés sur le "paradoxe des poissons d'eau douce"ainsi posé :

"Avec env. 126 000 espèces animales décrites vivant dans les eaux douces (Balian et al 2008), elles représentent plus de 10% de tous les animaux décrits à ce jour (Mora et al 2011; Wiens 2015b), tout en occupant seulement 0,8% de la surface de la Terre et 0,02 % du volume habitable aquatique disponible (Dawson 2012). Parmi les organismes aquatiques, les poissons sont un bon exemple de ce paradoxe: environ 40% se trouvent dans les eaux douces, tandis que les 60% restants de la diversité halieutique habitent des habitats marins représentant plus de 99% des habitats aquatiques disponibles (Lévèque et al., 2008), définissant ce que nous pourrions appeler le «paradoxe des poissons d'eau douce»."

Se peut-il que la diversité des poissons d'eau douce proviennent de la fragmentation de leurs habitats? Voici le résumé de leur recherche, fondée sur une analyse phylogénétique (ci-dessus, l'arbre reconstitué des poissons).

"But : Les facteurs qui isolent les populations et réduisent le flux de gènes sont considérés comme des critères clés de la spéciation et éventuellement de la diversification. Nous analysons ici les taux de diversification de près de 80% des familles de poissons actinoptérygiens [NDT : poissons osseux à mâchoire] en relation avec les caractéristiques biologiques et les facteurs d’habitat associés aux niveaux d’isolement et de fragmentation.

"Localisation : globale.

"Méthodes : le taux de diversification net de chaque famille a été évalué à l'aide de l'estimateur de la méthode des moments pour l'âge des groupes-souches. L’analyse phylogénétique des moindres carrés généralisés (PGLS), en contrôlant la non-indépendance entre les clades due à la phylogénie, a été appliquée avec le taux de diversification comme variable de réponse pour tester les effets de la taille moyenne du corps, des proportions de espèces strictement d’eau douce, associés aux récifs et migrateurs, en incluant la distribution médiane latitudinale et l’aire de répartition de chaque famille.

"Résultats : après avoir pris en compte la parenté phylogénétique des familles et leur distribution en latitude, nous avons trouvé un appui solide à nos hypothèses d'isolement et de fragmentation: la prédominance de la dépendance à l'eau douce, de l'association récifale, de la petite taille ou du comportement non migrateur dans les familles est liée à des taux de diversification plus rapides. Nous avons également constaté un effet très significatif et positif de la plage de latitude, et aucun effet évident de la latitude médiane.

"Principales conclusions : cette analyse suggère que les facteurs liés à la fragmentation physique des habitats et à la moindre capacité de dispersion des espèces ont joué un rôle important dans les processus de diversification du groupe de vertébrés le plus variés."

Bien entendu, la fragmentation dont on parle ici concerne  l'effet à long terme (milliers à millions d'années) de l'isolement naturel des bassins versants et des freins d'accès (chutes naturelles ou glaciations, par exemple) dans les réseaux dendritiques des rivières. Ce n'est donc pas comparable avec la fragmentation artificielle d'origine anthropique (seuls, barrages), ayant concerné encore peu de générations de poissons, une fragmentation qui est contrebalancée par des ouvertures de milieux elles aussi anthropiques (canaux franchissant les frontières de bassin ou translocations à fin halieutique, par exemple).

Toutefois, on a pu observer aujourd'hui que des truites s'adaptent à des hydrosystèmes fragmentés (Hansen et al 2014) ou que des barbeaux soumis à la pression de sélection d'ouvrages peu franchissables tendent à évoluer localement vers la sédentarité ( Branco et al 2017). De même, certains travaux montrant que des souches endémiques locales de truites résistent mieux à l'introgression avec les truites d'élevage quand elles sont à l'amont de barrages incitent à creuser ces questions (voir Caudron 2008 sur les Alpes.

Le travail de sélection et adaptation de l'évolution continue donc son oeuvre, y compris dans les milieux modifiés par l'homme.

Référence : Tedesco PA et al (2017), Explaining global‐scale diversification patterns in actinopterygian fishes, Journal of Biogeography

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Rédigé par jojo

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Publié le 24 Octobre 2018

 
Sortir de l'indifférence et de l'ignorance sur les écosystèmes aquatiques artificiels (Clifford et Hefferman 2018)

Dans un vaste passage en revue de la littérature scientifique, deux chercheurs de l'université Duke appellent à une prise en compte des écosystèmes aquatiques d'origine artificielle dans la gestion écologique de l'eau et des milieux aquatiques. Ils soulignent que ces écosystèmes sont déjà incontournables, et parfois majoritaires dans le "paysage aquatique" de nos sociétés. Si ces artificialisations représentent des impacts sur la nature, elles produisent également des services écosystémiques. Même du point de la vue de la biodiversité, l'évolution locale des espèces est rapide : il n'est plus possible de gérer l'avenir du vivant en se restreignant à la seule fraction des masses d'eau très peu impactées, ni en opposant le naturel à l'artificiel alors que chaque bassin versant a été anthropisé. Partout dans le monde, des chercheurs en sciences de l'environnement et sciences sociales appellent à ce changement de paradigme pour une autre lecture de l'écologie. L'action publique en France a urgemment besoin de s'en inspirer, car ce sont des enjeux concrets pour les milieux aquatiques comme pour les populations humaines, notamment face aux pressions croissantes du changement climatique. A l'heure où des choix précipités menacent partout l'existence de lacs, retenues, étangs, canaux, moulins et zones humides, il serait grand temps que l'information loyale et la science remplacent les croyances et affirmations dépourvues de bon sens.

L'article de Chelsea C. Clifford et James B. Heffernan s'ouvre sur un constat : "Les humains modifient la géomorphologie à une échelle de plus en plus grande, comparable à et, à certains égards, supérieure à la vitesse des processus naturels. Chaque changement que les gens apportent à la surface de la Terre peut avoir une incidence sur le débit et l’accumulation de l'eau. Les gens ont creusé des fossés, endigué des ruisseaux et des rivières, et déplacé d’une manière ou d'une autre la surface de la Terre pour diriger et stocker de l’eau à des fins humaines, en particulier de l’agriculture, pendant plus de 5 000 ans."

Les chercheurs observent que toutes ces masses d'eau d'origine humaine sont finalement peu connues. On les classe comme "artificielles" ou 'anthropiques", mais on ne reconnaît pas leur intégration dans un "paysage de l'eau" (hydroscape) complexe, hybride. L'étude de ces masses d'eau est confiée à des disciplines diverses qui travaillent trop peu entre elles. Leur valeur écologique manque d'une base de connaissance solide.

Clifford et Heffernan appellent la communauté savante à sortir de cet état d'ignorance. Les chercheurs proposent de mieux caractériser l'artificialisation d'un milieu, en fonction de traits permettant de comprendre la nature, l'extension, l'ancienneté des interventions humaines (construction ex nihilo, transformation, altération). Ils appellent aussi et surtout à une évaluation complète de leur valeur écologique : "Les systèmes aquatiques artificiels auront probablement une importance écologique, en raison de leur étendue, qui peut rivaliser avec celle des systèmes de drainage naturels et des masses d’eau. Les fonctions écologiques des systèmes artificiels ont probablement une signification sociale, souvent en tant que services et "disservices" écosystémiques, en raison de leur emplacement fréquent près d'un grand nombre de personnes. De plus, l'étendue, la répartition et les caractéristiques des masses d'eau artificielles sont susceptibles de changer rapidement, parallèlement à celles des masses d'eau naturelles. Une compréhension interdisciplinaire des services et disservices des systèmes aquatiques artificiels, des facteurs qui les influencent et de leur répartition dans l’espace et dans le temps pourrait favoriser la prise de décisions qui accroissent leur valeur écologique."

L'article de Clifford et Heffernan passe ainsi en revue plus de 200 références scientifiques et propose en annexe une première liste indicative des services (ou disservices) rendus par les écosystèmes aquatiques artificiels. Même dans le domaine de la biodiversité, où l'action humaine est souvent pointée comme négative, ce tableau fait apparaître que des masses d'eau artificielle peuvent aussi avoir des aspects positifs (pour des invertébrés et plantes aquatiques, des amphibiens, des espèces localement menacées qui ont colonisé ces milieux etc.)

Enfin, dans leur conclusion que nous traduisons ci-après, les chercheurs appellent à une écologie de la réconcliation qui englobe tous les écosystèmes (naturels et artificiels) dans nos réflexions et nos gestions de paysages aquatiques en mutation permanente :

"Les systèmes aquatiques artificiels constituent une composante importante, peut-être prédominante et probablement durable du paysage moderne de l'eau (modern hydroscape). Parce que l'extension même des écosystèmes aquatiques artificiels, par certaines mesures, rivalise de plus en plus avec celle des systèmes naturels, ils peuvent jouer un rôle important à la fois dans la conservation et dans la fourniture de services écosystémiques au sein de ces paysages aquatiques hybrides. La prémisse sous-tendant une écologie de la réconciliation est l’étendue insuffisante des habitats relativement non perturbés pour préserver autre chose qu’une fraction des espèces existantes. Dans certaines régions, il peut être difficile d’adopter une politique de conservation de la biodiversité suffisamment large sans inclure des systèmes artificiels. Étant donné que les systèmes aquatiques artificiels sont intimement liés aux éléments naturels du paysage aquatique et ne sont pas séparés de ceux-ci, l'amélioration de l'état des systèmes artificiels peut également bénéficier aux masses d'eau naturelles, ou parfois peut dégrader ces masses d'eau naturelles par captage; l'effet net de leur création doit tenir compte de tout ce qui précède. Ainsi, les plans d'amélioration de la gestion des terres et des eaux devraient cibler les systèmes aquatiques artificiels ainsi que ceux d'origine naturelle.

Pour tirer le meilleur parti des avantages socio-écologiques des systèmes aquatiques artificiels, nous devons comprendre non seulement leur valeur actuelle, mais également leur fourniture éventuelle de services écosystémiques. Cette compréhension nécessitera d’abord et avant tout de meilleures évaluations de l’extension et de la condition des systèmes aquatiques artificiels. Pour améliorer cette situation, nous devrons suspendre notre hypothèse conventionnelle selon laquelle les systèmes aquatiques artificiels sont intrinsèquement inférieurs ; au lieu de cela, nous avons besoin de plus d'études fondées sur des hypothèses évaluant les facteurs tels que les paramètres des bassins versants, la structure et la conception physiques des écosystèmes, la durée et la gestion qui influencent leurs conditions écologiques. Au-delà de cette exploration initiale, nous devrons examiner plus en détail les interactions entre ces facteurs et les autres moyens de définir les mécanismes sous-jacents à l'artificialité (physique ou biologique, par exemple), d'abord conceptuellement puis au moyen d'études bien contrôlées.

Étant donné que la manière dont nous percevons les systèmes aquatiques artificiels peut affecter leur état et leur valeur ultimes, une gestion efficace du paysage hybride moderne de l'eau peut nécessiter de reconsidérer les normes culturelles relatives au concept d'artificialité, allant même jusqu'à défaire nos idées profondément ancrées sur la dichotomie homme / nature. Nous scientifiques de l'environnement et nos collaborateurs interdisciplinaires devons d'abord déployer de tels efforts pour soutenir notre propre travail, mais nous pouvons également jouer un rôle en aidant les responsables politiques et autres à faire face à ces défis."

Référence: Clifford CC, Heffernan JB, Artificial aquatic ecosystems, Water 2018, 10, 1096 - doi:10.3390/w10081096

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Rédigé par jojo

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Publié le 23 Octobre 2018

VIDEO. Inondations dans l'Aude : des millions d'euros pour la prévention encore inutilisés

L’histoire, tragique, se répète. En 1999 déjà, l’Aude est ravagée par des inondations : 26 personnes trouvent la mort. L’État lance alors... son Papi, ou plan d’action et de prévention des inondations. En 2015, encore 49 millions d'euros débloqués. Trois ans après, une grande partie de cet argent n'a toujours pas été dépensé.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Alain Péréa est en colère. Le député de l'Aude a été inondé dans sa propre maison. Mais surtout, il ne digère pas que des millions d'euros anti-inondations n'aient toujours pas été investis. "On prend trop de temps dans les procédures administratives, regrette l'ancien maire de Villedaigne (Aude). Il faut étudier la solidité d'un pont, il faut étudier en aval si on n'a pas un enjeu sur les poissons, en amont si on n'a pas un enjeu sur les papillons. Et pendant ce temps on prend l'eau ! Voilà le problème !"

52% des fonds toujours pas utilisés

L'État a débloqué 49 millions d'euros en trois ans, rien que pour le département de l'Aude. Mais 48% seulement ont été utilisés : plus de la moitié, 52%, dort encore dans les coffres...

Et ce n'est pas le seul retard. Certains chantiers du plan précédent, qui remonte à 2006, n'ont même pas encore commencé ! "J'espère qu'ils commenceront en début d'année prochaine, répond amèrement Pierre-Henri Ilhes, président du syndicat mixte des milieux aquatiques et des rivières (SMMAR). Les financements et les crédits sont là."

Libellules et espèces protégées, sources de ralentissements ?

Alors, comment expliquer de tels retards ? Exemple près de Sallèles-d'Aude (Aude), où l'aménagement des digues devraient être finis depuis longtemps. Mais une... libellule, Oxygastra Curtisi, a tout ralenti, elle et une quinzaine d'autres espèces protégées.

"Aujourd'hui, on est toujours en train de monter le dossier de dérogation aux espèces protégées, s'impatiente Laurent Triadou, directeur du syndicat mixte du delta de l'Aude. Si on avait pu l'obtenir plus tôt, on n'aurait sans doute pas les dégâts qu'on va identifier dans les jours à venir."

En attendant, le fonds Papi vient de lancer un nouveau projet dans l'Aude : un jeu sur mobile, pour apprendre à se protéger des inondations ! Son nom ? "Eau secours". Il fallait y penser.

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Rédigé par jojo

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Publié le 22 Octobre 2018

Un nouvel appel à projets pour développer l'hydrogène dans la mobilité

L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) lance un appel à projets visant à accompagner le développement de l'hydrogène dans la mobilité. Il s'inscrit dans le cadre du plan national hydrogène présenté par le ministère de la Transition écologique en juin dernier.

L'appel à projets vise à déployer des écosystèmes territoriaux de mobilité en constituant des flottes professionnelles pour le transport de personnes ou de marchandises. Cela peut concerner des véhicules d'entreprises, des véhicules utilitaires, des bus, des poids lourds, des navettes fluviales ou maritimes, des engins logistiques, etc.

Pour cet appel, trois dates de clôture sont programmées : le 11 janvier 2019, le 3 mai 2019 et le 8 novembre 2019. Les projets attendus devront couvrir la maîtrise d'ouvrage relative à l'ensemble de la chaîne de l'écosystème envisagé, associant production, distribution et usages de l'hydrogène en flottes de véhicules. Le taux d'aide maximum que l'Ademe pourra apporter aux projets sera de 30% de l'assiette des coûts admissibles.

Pour 2028, l'objectif du plan national est d'atteindre entre 20.000 et 50.000 véhicules utilitaires légers, entre 800 et 2.000 véhicules lourds et de 400 à 1.000 stations de recharge en hydrogène. Seuls quelques centaines de véhicules hydrogène sont aujourd'hui en circulation.

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Rédigé par jojo

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Publié le 22 Octobre 2018

RENOUVELABLES...VRAIMENT ?

09

AVANTAGES et INCONVENIENTS  des E.N.R. 

Le 31 Octobre prochain, le Gouvernement va rendre sa copie sur le PPE (Plan de Programmation Energétique). Ce plan a été préparé par Nicolas HULOT et poursuivi par son successeur, François de RUGY, avec le soutien du Premier Ministre. Ce plan permettra, en théorie, de dresser une feuille de route sur la mise en place des énergies dans notre pays pour les années 2020 à 2050. Ecologie Normande approuve ce principe de PPE mais émet de grandes réserves quant à l'hexhaustion qui entoure ces futures dispositions.  

En effet, nous avons de quoi nous interroger sur la suite qui nous sera imposée car la logique retenue ne sera pas obligatoirement celle que nous attendons ou encore celle qui devrait s'imposer au regard des obligations issues des traités que notre pays a signé et parfois même imposé (lors de la COP 21 par ex.). Nous considérant en avance sur la lutte des GES, nous sommes imprégnés d'un sentiment de duperie en gestation. Tous ceux qui connaissent notre combat sur ce sujet, comprendront notre position. Les PPA (Plan de Protection de l'Atmosphère) mis en place en régions ont été réétudiés et, semble t-il, adaptés aux situations nouvelles. Pour mémoire, la première région française, l'Ile de France, par sa population ultra concentrée, présente des caractéristiques atmosphériques très inquiétantes. Les secteurs les plus polluants (en NO2) sont : les transports (69%) l'industrie (14%), les ménages et services (12%). Ce qui veut dire clairement que nous ne nous attaquons pas à la racine des pollutions.

Il est à craindre que les orientations qui seront données à la fin de ce mois ne soient pas à la hauteur des enjeux. Les entreprises les plus significatives éméttrices de particules fines et de dioxydes d'azote feront tout pour retarder l'échéance inéluctable, comme elles le firent déjà en 1973 et en 1979, lors des chocs pétroliers, avertisseurs d'un grand changement de paradigme mais obéré selon la sacro-sainte menace à l'emploi (déjà). Faut-il rappeler à ces "braves gens" ce que la pollution de l'air pollué coûte en vies humaines? Selon l' AEE (Agence Européenne de l'Environnement), en 2014, les décès prématurés (avant 65 ans) sont de 520 400 personnes, dans les 41 pays du continent européen (487 000 pour la zône UE). L' AEE fait état d'un bilan "macabre" et dans celui-ci, la France est positionnée au 5ème rang avec 45 840 décès. Allons-nous tirer la "bonne conclusion" de ces chiffres? A voir. 

Pourquoi notre inquiètude ? 

Elle se justifiera obligatoirement par les choix qui seront faits. Va t-on encore laisser croire aux français que le pétrole et ses dérivés sont importants pour notre industrie et nos emplois? Si une petite prise de conscience semble vouloir s'échafauder dans les populations et les territoires, à la tête du Ministère de la transition écologique et solidaire, nous n'en avons pas l'impression. Ce qui nous amène à penser qu'est sous-jacent cette notion nucléairo-EPR largement ancrée dans les disques durs des inventeurs "Orano-EDF" bien décidés à ne pas s'en laisser compter par les "petits citoyens" qui n'ont rien compris, et à qui l'on fait croire que la solution "tout électrique" dans leurs mobilités est la seule qui vaille. Avec un niveau de ce genre, il est absolument acquis que ces "bons enfants" vont nous construire 5 à 10 EPR qui nous amèneront jusqu'en 2150. Alors que ces "braves gens" ne sont pas capables de trouver une solution efficace pour éradiquer les déchets finaux qui seront bien présents pendant 2200 ans (rapport issu de Tchernobyl). Il ne faut pas oublier que ces voitures électriques auront besoin de batteries et que nous ne serons jamais en capacité de nous procurer les matériaux nécessaires à la fabrique de celles-ci. 

Et les ENR ? (renouvelables)

Elles ont toutes des avantages et des inconvénients

> Eolien: ne libère aucun dioxyde de carbone mais dépend du vent, affecte les paysages environnants et a une durée de vie limitée. 

> Hydraulique : aucun impact climatique ou environnemental; fournit de l'électricité à grande échelle et a une longue durée de vie. A aussi un impact sur l'environnement, à cause de ses immensités de lacs, nuisibles à la biodiversité si les mesures d'accompagnement ne sont pas en place. La technicité avancée d'aujourd'hui permet de contrecarrer ces effets négatifs. L'hydroélectricité permet aussi de produire de l'hydrogène décarboné, à coûts adaptés, grâce à la méthode physique bien connue, l'électrolyse. 

> Solaire : généralement par panneaux photo-voltaïques, cette énergie est intelligente, fiable, moins coûteuse et à priori illimitée, à contrario des énergies fossiles. Par contre elle est intermittente car la nuit ou par temps sombre elle ne produit pas. Reste alors à trouver une solution de stockage. Nous savons désormais que l'hydrogène peut remplir ce rôle. Là aussi, nous pouvons constater des effets négatifs sur les paysages locaux, lors d'implantations de "champs éoliens". 

> Biomasse :  source d'énergie stable mais qui reste locale. Elle est neutre en carbone à long terme. Par contre, cette solution est plus coûteuse à exploiter que les autres sources. 

> Hydrogène : à condition d'utiliser un hydrogène décarboné, par électrolyse, cette solution est particulièrement fiable, sécurisée et entrant dans un coût de production intéressant. L'hydrogène, alors, pouvant se substituer dans la plupart des mobilités en remplacement des carburants très polluants pour l'atmosphère (voitures, 2 roues, camions & remorques, tracteurs, trains, bateaux...). Cette solution permettrait de réduire considérablement la masse de NO2, comme en Ile de France par exemple (v. ci-avant). 

CONCLUSION

Nous considérons que l'abandon progressif du nucléaire doit être programmé. reste à savoir quelles dates seront retenues. Un chose est certaine, un vaste plan financier devra être élaboré pour substituer à terme cette énergie nucléaire dangereuse pour toute l'humanité - cf. accidents de Three Mile Island (USA 1979), Tchernobyl (Ukraine1986) et Fukushima (Japon 2011)-. 

Il est de notoriété que toutes les ENR regroupées ne suffiront pas à l'utilisation de tout le territoire français. Dans le même esprit, il serait peut-être temps d'envisager une réelle décentralisation de l'énergie dans les Régions, les seules à pouvoir gérer efficacement les besoins. Pour cela, il semble indispensable qu'un Grand Ministère des Energies soit institué, sous le contrôle mixte du Parlement et des Régions, dans le même esprit des mobilités "chemin de fer". 

Enfin, concernant l'hydrogène, comment imaginer que nous risquons de passer à côté de la réalité qui s'impose d'elle-même et qui, de plus, répond à une réduction massive des particules fines allant dans le sens de l'urgence sanitaire

05

 Claudia SAINT-PAUL et Pierre JUHEL

 Additifs: 1) Le projet de loi sur la révision Constitutionnelle, suspendu momentanément, prévoit notamment l'inscription de la "préservation de l'environnement" à l'article 1er de la Constitution de le V° République. Ce qui viendrait compléter sur ce sujet les dispositions de la loi constitutionnelle de 2005.

2) A propos du nucléaire, nous relevons un article de Sud-Ouest du 10 sept. 2018 intitulé "L'énergie nucléaire jugée de moins en moins compétitive" par l' AIEA (Agence Internationale de l'Energie Atomique). Cela est dû à l'impact des énergies renouvelables sur les prix de l'électricité et au bas prix du gaz naturel. C'est aussi peut-être l'une des raisons de l'augmentation récente du coût du gaz aux utilisateurs. 

Plusieurs pays ont entrepris leur désengagement de l'atome en raison des normes de sécurité renforcées, mais justifiées et, l'AIEA pointe par ailleurs les difficultés de "déploiement" de la technicité EPR. Ce qui fait conclure à l'AIEA que l'énergie nucléaire aura du mal à conserver sa place actuelle dans le mix énergétique mondial, avec des capacités pouvant chuter à 2,8% en 2050 contre 5,7% aujourd'hui. 

La FRANCE serait-elle la seule à poursuivre un chemin où se situeraient pêle-même mauvaise économie, erreurs stratégiques, dépenses pharaoniques inutiles et cataclysme sanitaire ?

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Rédigé par jojo

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Publié le 21 Octobre 2018

Environnement - Électricité renouvelable : les deux appels d'offres de la rentrée

 

 

Les lauréats de deux appels d'offres soutenant les énergies renouvelables - petite hydroélectricité et centrales solaires au sol - ont été dévoilés cet été. Une centaine d'installations vont être aidées dans une dizaine de régions métropolitaines.

Une centaine de projets photovoltaïques et une dizaine de petites centrales hydroélectriques très ancrées dans leurs territoires viennent d'être sélectionnés par le gouvernement à l'issue de deux appels d'offres, l'un pour le solaire au sol de grande puissance (quatrième période de l'appel d'offres) et le second pour la petite hydroélectricité. Leurs résultats ont été respectivement rendus publics au début et en cette fin de mois d'août.

Petite hydroélectricité : appuyer des sociétés locales

La compétitivité des petites centrales hydroélectriques a été soulignée par le ministère de la Transition écologique et solidaire qui étale cet appel d'offres sur trois années successives, avec à chaque fois environ 30 mégawatts (MW) de nouvelles capacités visant à relancer cette filière. Malgré son potentiel, elle pâtit de difficultés structurelles. Parmi les quatorze projets retenus pour installer de nouveaux sites hydroélectriques ou développer des barrages existants, neuf sont situés en Auvergne-Rhône-Alpes. Plusieurs d'entre eux sont portés sur des rivières alpines par la société anonyme d'économie mixte (Saem) Gaz électricité de Grenoble (en partie détenue par la ville), notamment pour construire avec sa filiale de production GEG ENeR commune avec la Caisse des Dépôts une centrale sur le Nant Bénin injectant 2,3 MW sur le réseau (en savoir plus sur ce projet). Cet appel d'offres est en effet ouvert à des projets d'installations hydroélectriques dont la puissance est comprise entre 1 et 4,5 MW. Leur qualité environnementale est passée en revue. Les producteurs valoriseront l'électricité générée à un prix moyen estimé à 89 euros/MWh.

Solaire : toucher tous les territoires

Une autre moisson de projets est issue de l'appel d'offres "solaire au sol de grande puissance" lancé il y a deux ans par la Commission de régulation de l'énergie (CRE). D'un volume total de 3.000 MW, il s'étend jusqu'en juin 2019 sur six phases de candidature, entame actuellement sa cinquième période (le cahier de charges est ici) et concerne "toutes les régions françaises", se targue le ministère. En clair, pas seulement l'Occitanie, la Nouvelle-Aquitaine et la Paca - même si elles concentrent la moitié des lauréats - mais aussi des régions comme la Bretagne (28 MW), le Centre-Val de Loire (85 MW) ou les Hauts-de-France. Ces lauréats bénéficient du nouveau mécanisme de soutien : à l'obligation d'achat par EDF à un tarif prédéfini s'est substituée une prime annuelle, le "complément de rémunération", versé aux producteurs en contrepartie duquel ils doivent vendre leur énergie renouvelable directement sur le marché de l'électricité.
Au total, 103 projets de centrales solaires ont été retenus. Ils portent sur une capacité de 720 MW, "soit l'équivalent de la consommation d'énergie d'environ 100.000 foyers par an", avance le ministère. On dénombre parmi ces projets un nombre significatif d'ombrières photovoltaïques pour parkings (famille spécifique d'installations soutenues) et d'autres s'implantant sur des entrepôts, des terrains aéroportuaires (à Béziers et à Bourges) ou d'anciens sites militaires (base aérienne 112 Reims-Champagne). Dans le Loir-et-Cher, un projet d'une capacité de 5 MW est prévu sur une friche ferroviaire ayant servi pour les travaux de construction de la LGV.
Quant aux deux prochaines périodes de candidature, elles porteront sur un volume de 850 MW chacune. "La transition énergétique s'installe désormais dans tous les territoires, cela est notamment rendu possible par l'augmentation des volumes et le bonus sur la pertinence environnementale du terrain d'implantation mis en place dans cet appel d'offres", conclut le ministère.

Lauréats de la première période de l’appel d’offres 2017/S 082-159305 portant
sur la réalisation et l'exploitation d'installations hydroélectriques développement
de la petite hydroélectricité
Famille 1: installations implantées sur de nouveaux sites
Nom du Projet
Candidat
Puissance de
l'installation
(MW)
Région
Ponturin
PONTURIN ENR
3,737
Auvergne-Rhône-Alpes
Nant Benin
NANT BENIN ENR
2,300
Auvergne-Rhône-Alpes
Maurian Aval
GEG ENeR
3,003
Provence Alpes Côte
d'Azur
Centrale hydroélectrique de
Gavet
CH GAVET
3,800
Auvergne-Rhône-Alpes
Centrale hydroélectrique du
Miage
CH MIAGE
3,000
Auvergne-Rhône-Alpes
Le Merlet
Les Forces du Merlet
3,284
Auvergne-Rhône-Alpes
Merderel
MERDEREL ENERGIE
1,601
Auvergne-Rhône-Alpes
Croix et Jorasse
CROIX ET JORASSE ENERGIE
1,908
Auvergne-Rhône-Alpes
Centrale hydroélectrique de
Vinzier
CAYROL INTERNATIONAL
1,700
Auvergne-Rhône-Alpes
Centrale hydroélectrique du
Bastan de Barèges
PYRENEES ENERGIE
3,700
Occitanie
Famille 2
: installations équipant des seuils existants
Nom du Projet
Candidat
Puissance de
l'installation
(MW)
Région
SWV5
SHEMA
3,450
Auvergne-Rhône-Alpes
Centrale hydroélectrique
d'Ormes
Groupement VNF-JMB HYDRO
1,800
Bourgogne-Franche-
Comté
Centrale hydroélectrique de
Charnay
Groupement VNF-JMB HYDRO
2,100
Bourgogne-Franche-
Comté
Centrale hydroélectrique de
Marolles
Groupement VNF-JMB HYDRO
1,500
Ile-de-France

 

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Rédigé par jojo

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Publié le 20 Octobre 2018

 
 
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Philippe Vesseron

Comment expliquer l’acharnement à affirmer que la suppression des barrages de la Sélune serait sans incidence sur le risque d’inondation ?
Il y a d’abord le fait que depuis un siècle, c’est-à-dire depuis la création des barrages, on n’a plus revu les «petites crues» qui auparavant entrainaient entre la Roche qui Boit et l’estuaire des inondations de quelque 30 ou 50 centimètres tous les 2 ou 5 ans. Et bien entendu la confiance a conduit à l’implantation dans la basse vallée d’équipements, entreprises, activités agricoles, commerces, habitations… Pas plus que le soutien d’étiage la prévention des inondations n’était-elle le but de la création des barrages de la Sélune mais EDF comme ses prédécesseurs privés ont la plupart du temps su utiliser la capacité de stockage dans les deux lacs pour « réguler les débits » alors même que le discours restait « les règles de gestion en vigueur sont de ne jouer aucun rôle en cas de crue » : certes les investissements n’avaient-ils pas été faits pour cela, certes le stockage temporaire des crues était-il souvent effectué au détriment de la production d’électricité, mais personne n’aurait compris qu’une capacité de stockage soit laissée inutilisée à un moment où des inondations auraient affecté la vallée. On l’a bien vu en 2000 quand des décisions malencontreuses ont provoqué des inondations à Saint Hilaire !
Ensuite, la question des crues biennales ou quinquennales n’ayant pas été étudiée correctement ces dix dernières années comme l’a pointé le rapport remis en 2015 à Mme Royal par les Inspections Générales, il était prévisible que les porteurs du projet de suppression « fassent assumer » par Nicolas Hulot en novembre 2017 en lui faisant écrire que cela serait sans impact sur le risque d’inondation. Hélas les crues de janvier 2018 auraient-elles dû conduire à reconnaître l’erreur de cette affirmation mais ce genre d’autocritique rapide n’est jamais facile, même si Nicolas Hulot n’a ensuite pas émis d’objection à la remise en eau du lac prévue pour l’automne 2018 , certes présentée comme temporaire.
Dans ces conditions, une pente « naturelle » depuis plusieurs années a été de laisser le débat se centrer sur les aspirations des différentes catégories de pêcheurs et sur l’intérêt respectif des différents compartiments de la biodiversité, dans le grand lac ou dans son amont, chacun des défenseurs de chaque espèce s’intéressant peu aux risques de crues dans la basse vallée. Et de répéter que la continuité écologique serait une obligation européenne, qu’il fallait que les élus et les habitants s’approprient cette lecture, que la production moderne d’électricité ne reposerait pas sur ce type d’infrastructures dont on va d'ailleurs dire qu'elles ont été ici mal entretenues quand EDF en avait la responsabilité, que la loi GEMAPI confiait maintenant aux collectivités la responsabilité de la prévention des inondations , …
Que faire aujourd’hui ? Il serait dangereux de continuer à faire comme si l’Etat propriétaire de ce barrage pouvait le détruire sans se soucier du rôle de protection contre les « petites crues » qu’il joue depuis un siècle, en pensant qu’il suffirait que les personnes concernées soient prévenues par SMS de l’imminence d’une crue sur le point d’inonder leurs biens les jours suivants… Comment l’Etat compte-t-il réaliser ou financer des actions alternatives de protection comme la mise hors d’eau des réseaux et installations électriques et électroniques ? Que ferait l’Etat pour protéger les emplois dans les activités développées à l’aval ? pour transférer les commerces et services ? pour compenser les préjudices ? Redouterait-on que ces préalables conduisent à remettre en cause le projet de suppression du barrage ?
En tout cas, ce serait une faute de croire que ce qui est aujourd’hui répété sur les « petites crues » suffirait pour permettre de porter un préjudice grave à ceux qui seraient exposés à des inondations dans les 2 prochaines années si des équipements électriques ou mécaniques sont supprimés ou si des actions sont engagées sur les structures du barrage . Le débat sur la recherche de responsables serait hélas une piste classique a posteriori, avec des mises en cause successives dans les milieux des experts, d’EDF, des administrations… On devra encore passer beaucoup de temps à explorer la jungle des directives européennes sur l’eau puis sur les inondations, à parcourir la forêt des PGRI, PPRI, PAPI ou GEMAPI , à préparer les futures jurisprudences sur la responsabilité sans faute,… : il faudra le faire mais il y a urgence à répondre à ceux dont les biens ou l’emploi seraient affectés dans les 2 ans qui viennent. A ce stade on les voit mal accepter que l’Etat devenu par héritage propriétaire de ces ouvrages de protection y fasse démonter un seul boulon sans dire comment la prévention des crues serait assurée dans l’avenir !

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Rédigé par jojo

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Publié le 19 Octobre 2018

VIDEO. Inondations dans l'Aude : des millions d'euros pour la prévention encore inutilisés

L’histoire, tragique, se répète. En 1999 déjà, l’Aude est ravagée par des inondations : 26 personnes trouvent la mort. L’État lance alors... son Papi, ou plan d’action et de prévention des inondations. En 2015, encore 49 millions d'euros débloqués. Trois ans après, une grande partie de cet argent n'a toujours pas été dépensé.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Alain Péréa est en colère. Le député de l'Aude a été inondé dans sa propre maison. Mais surtout, il ne digère pas que des millions d'euros anti-inondations n'aient toujours pas été investis. "On prend trop de temps dans les procédures administratives, regrette l'ancien maire de Villedaigne (Aude). Il faut étudier la solidité d'un pont, il faut étudier en aval si on n'a pas un enjeu sur les poissons, en amont si on n'a pas un enjeu sur les papillons. Et pendant ce temps on prend l'eau ! Voilà le problème !"

52% des fonds toujours pas utilisés

L'État a débloqué 49 millions d'euros en trois ans, rien que pour le département de l'Aude. Mais 48% seulement ont été utilisés : plus de la moitié, 52%, dort encore dans les coffres...

Et ce n'est pas le seul retard. Certains chantiers du plan précédent, qui remonte à 2006, n'ont même pas encore commencé ! "J'espère qu'ils commenceront en début d'année prochaine, répond amèrement Pierre-Henri Ilhes, président du syndicat mixte des milieux aquatiques et des rivières (SMMAR). Les financements et les crédits sont là."

Libellules et espèces protégées, sources de ralentissements ?

Alors, comment expliquer de tels retards ? Exemple près de Sallèles-d'Aude (Aude), où l'aménagement des digues devraient être finis depuis longtemps. Mais une... libellule, Oxygastra Curtisi, a tout ralenti, elle et une quinzaine d'autres espèces protégées.

"Aujourd'hui, on est toujours en train de monter le dossier de dérogation aux espèces protégées, s'impatiente Laurent Triadou, directeur du syndicat mixte du delta de l'Aude. Si on avait pu l'obtenir plus tôt, on n'aurait sans doute pas les dégâts qu'on va identifier dans les jours à venir."

En attendant, le fonds Papi vient de lancer un nouveau projet dans l'Aude : un jeu sur mobile, pour apprendre à se protéger des inondations ! Son nom ? "Eau secours". Il fallait y penser.

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Rédigé par jojo

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Publié le 19 Octobre 2018

Un rapport parlementaire sur l'eau rappelle la nécessité d'ouvrages et de retenues face aux changements climatiques
Les députés Adrien Morenas (président-rapporteur) et Loïc Prud’homme (co-rapporteur) avaient été désignés en novembre 2017 par le bureau de la Commission du développement durable à l'Assemblée nationale en vue d'une mission d'information sur l'avenir de la ressource en eau. Le rapport est paru, après un programme d'auditions, de déplacements de terrain en province et de discussions à la Commission européenne. Parmi les orientations proposées : la nécessité de conserver, entretenir voire construire des retenues face à la pression croissante des sécheresses aux étiages.
Cela nous semble le bon sens et répondre à l'intérêt général.
Ce rapport pourrait être vite archivé car la DEB, l'AFB et les Agences de l'eau relayées par des EPCI, soutenues par FNE militent pour la destruction de ces ouvrages et le retour aux rivières sauvages.
Quelqu'un doit commettre une erreur d'analyse? C'est bien une des incohérence de la gestion quantitative de l'eau.

Comme bien d'autres avant lui, le rapport Morenas et Prud'homme 2018 constate l'importance présente et à venir de la question de l'eau, tenant non seulement aux prévisions sur l'évolution du climat, mais aussi aux choix d'aménagement et aux usages humains : "La pression sur la ressource en eau n’est pas liée exclusivement au réchauffement climatique mais également à la défaillance des politiques d’aménagement du territoire qui font que, l’héliotropisme aidant, la concentration des populations en bord de mer et dans le sud de la France rend plus difficile la gestion de l’approvisionnement en eau".

Outre un point national avec quelques aperçus européens et mondiaux sur la question de la ressource en eau, le rapport parlementaire s'interroge aussi sur la gouvernance. Il est notamment souligné que le modèle des agences de l'eau est mis à mal depuis que ces agences doivent abonder la politique de la biodiversité (en finançant l'agence française pour la biodiversité), l'Etat ayant débloqué trop peu de fonds propres de son budget central sur cette question. Le même Etat prélève par ailleurs sur les trésoreries des agences pour boucler ses lois de finance publique, rompant le principe "l'eau paie l'eau" et achevant de transformer les taxes payées par les usagers de l'eau en une fiscalité déconnectée de services rendus par les agences.

Dans les propositions du rapport, un point retient notre attention : celui de la gestion quantitative de la ressource (cf extrait ci-dessous). Les rapporteurs y soulignent que l'incertitude liée au changement climatique et le développement des besoins en eau rendront nécessaires la "création ou l'amélioration d'ouvrages".

Le rapport n'évoque pas l'avis opposé de la direction de l'eau et de la biodiversité du ministère de l'écologie. La stratégie de continuité écologique conduit depuis déjà près de 10 ans à la destruction massive et à l'assèchement ou la diminution surfacique d'innombrables points de retenues d'eau répartis sur le territoire (étangs, plans d'eau, retenues, biefs, canaux). Ces choix ont des effets négatifs sur la recharge des nappes et sur les divers usages locaux de l'eau. Nombre de riverains se plaignent de voir leurs rivières transformées, massivement "défragmentées" en simple filet d'eau chaude polluée à l'étiage.

Une telle politique  a été conçue sous l'angle de l'hydrobiologie et de l'ichtyologie visant à optimiser certaines conditions pour certains poissons, mais ce petit bout de la lorgnette reste sourd et aveugle aux autres enjeux environnementaux, sociaux ou économiques.

On lira aussi l'article de recherche très intéressant d'Alexandre Gaudin et Sara Fernandez 2018 sur les politiques de l'eau et des barrages dans le sud-ouest de la France, montrant comment les politiques publiques essaient de rationaliser post hoc des choix contradictoires, au risque de perdre toute lisibilité.

 

Extrait des préconisations

Action en faveur de la biodiversité et de la gestion quantitative de l’eau

  • Un plan national de préparation au changement climatique (comme l’a fait la Corse) intégrant la question du soutien des étiages doit être élaboré dans une optique environnementale. Il indiquera en fonction des données climatiques et des perspectives de réchauffement les besoins d’aménagement des cours d’eau dans un double objectif : garantir l’alimentation des populations en eau potable et maintenir la biodiversité des cours d’eau. Le rôle essentiel des retenues d’eau doit être réaffirmé, ainsi que l’importance de l’hydroélectricité pour la fourniture en électricité de notre pays et le soutien d’étiage.
  • Le soutien des étiages en été est une nécessité évidente pour maintenir une quantité minimale d’eau dans les cours d’eau nécessaires à la vie. Cette action implique la création ou l’amélioration d’ouvrages, en particulier de retenues. Une action de communication et de concertation de grande ampleur doit être engagée pour éviter que des résistances trop grandes ne bloquent les projets qui ne doivent pas apparaître comme réservés à un nombre limité d’agriculteurs, mais comme une action favorable à l’environnement et à la santé publique dans la mesure où la qualité de l’eau est liée au volume des cours d’eau (plus le volume est important, plus les pollutions sont diluées).
  • Un plan national d’économies d’eau doit être mis en œuvre, prévoyant des incitations fiscales, par exemple pour la création de dispositifs de récupération de l’eau de pluie.
  • La récupération et le traitement des eaux de pluie doivent être intégrés dans la politique d’assainissement.

Référence : Morenas Adrien, Prud'homme Loïc (2018), Rapport d’information sur la ressource en eau, n°1101, 206 pages.

Illustration : lac de Guerlédan à sec, côté Caurel (Côtes-d'Armor, France), fin août 2015, arbres morts. Fab5669, travail personnel, CC-ASA 4.0

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Rédigé par jojo

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