Publié le 29 Septembre 2016

mercredi 28 septembre 2016

La contestation de la continuité écologique se répand, le gouvernement doit prononcer un moratoire

Un vent de colère souffle sur des rivières où les syndicats continuent d'effacer les ouvrages hydrauliques, malgré l'appel répété de Ségolène Royal à stopper la casse et son instruction aux Préfets en ce sens. L'administration fait-elle le choix irresponsable de pourrir la situation en restant totalement sourde et aveugle aux problèmes manifestes que pose la réforme, en particulier l'interprétation tendancieuse de la loi et le harcèlement en vue de détruire? Un moratoire sur ces destructions doit être proclamé, en attendant le recadrage nécessaire de ce dossier en passe de devenir ingérable.

Notre association mène une veille nationale de la continuité écologique sur Twitter. Le temps manque évidemment pour commenter plus en détail chaque événement, car il se passe difficilement une semaine sans que l'on rapporte des problèmes et des conflits associés à la mise en oeuvre administrative brutale de la loi de continuité. Voici à titre d'exemples les nouvelles des seuls derniers jours.


A Montreuil-Bellay et Rimodan, des élus, des agriculteurs et des riverains ont décidé de bloquer purement et simplement le chantier d'arasement de seuils sur la rivière Thouet (voir ici).

A Lhommaizé, les élus sont tout aussi motivés à ne pas laisser disparaître l'étang de la Forge sur la Dive, qui fait partie du patrimoine de la commune (voir ici).

A Vagney sur la Moselotte, rivière où des destructions d'ouvrages ont déjà suscité de vives contestations (voir ici), les choses ont pris un tour plus dramatique avec l'incendie de la pelleteuse devant effacer la vanne des Grands-Jardins (voir ici). On ne sait cependant pas si cet acte de vandalisme est directement lié au projet de destruction.



Rappelons de la manière la plus claire et la plus ferme que tout acte de violence contre les biens ou les personnes est une solution non tolérable en démocratie.

Mais la radicalisation progressive de la contestation contre la continuité écologique n'est hélas pas surprenante. Elle fait suite à l'insupportable pression institutionnelle de l'administration française en faveur de la destruction du patrimoine hydraulique de notre pays. Depuis 4 ans, nous exposons posément et raisonnablement à l'administration et aux syndicats combien les choix actuels en rivière sont socialement réprouvés par les riverains, économiquement intenables par leurs exigences pharaoniques, écologiquement disproportionnés aux enjeux et, pour beaucoup, scientifiquement mal fondés dans leur diagnostics.

Nos interlocuteurs font mine d'écouter, mais la machine à détruire, à ruiner ou à menacer continue comme si de rien n'était, sans l'once d'une remise en cause. Encore récemment, une haut fonctionnaire du Ministère de l'Environnement appelle sans discernement à la "suppression des retenues". De telles provocations jettent l'huile sur le feu et sont irresponsables.

Le gouvernement doit reconnaître les troubles créés par la réforme de continuité écologique, proclamer un moratoire sur les effacements d'ouvrages (déjà demandé par plus 2000 élus associations, personnalités, chercheurs...) et rechercher de toute urgence des solutions apaisées. En attendant, nous appelons plus que jamais les citoyens, les associations et les usagers à se mobiliser face aux effacements problématiques par tous les moyens à leur disposition : interpellation des élus et des médias, participation aux enquêtes publiques, création de collectifs riverains, contentieux judiciaires, manifestations pacifiques devant les chantiers ou devant les sièges des décideurs de ces chantiers, diffusion de l'appel à moratoire et des nombreux argumentaires déjà rédigés sur notre site.

Pour ce qui est du Nord-Bourgogne, nous nous opposerons ainsi aux effacements de l'Armançon qui ont reçu un avis défavorable en enquête publique et nous attendons toujours le résultat de l'enquête publique sur l'ouvrage de Belan-sur-Ource, où le commissaire-enquêteur a suspendu son jugement pour le moment.

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Publié le 29 Septembre 2016

Pierre JUHEL, Président de l'Ecologie Normande et

Dominique DAMBLE, Vice Président de l'Ecologie Normande et responsable des Pôles Locaux de l'Ecologie à l'UDI

vous invitent au :

 

1er    COLLOQUE de l'EAU en NORMANDIE

le 14  OCTOBRE  2016 à  CAEN

  Auditorium du Conseil Régional - Abbaye aux Dames

 

 

 

 

PROGRAMME

 

9 h 00 -    ACCUEIL

 

10 h 00 -  INTRODUCTION et  MOT de BIENVENUE

                 par Hervé MORIN, Président de la Région et

                 Hubert DEJEAN  de la BATIE, Conseiller Régional -  Vice Président                                        à   l'Environnement

 

10 h 30  -  Table ronde 1 –  Les OBSERVATIONS -

                          >  les nappes, les ressources et la qualité de l’eau

                          >  l’eau dans l’environnement (zéro pesticides en collectivité)

                          >  la santé publique (enjeux)

                          >  la Loi sur l’Eau (textes)

                          >  échanges – débats -

 

12 h 30  -  Repas (*)

 

13 h 30  -  Table ronde 2 –  Les USAGES -

                                               >  La préservation de la ressource

                                               >  Influences de la climatologie

                                               >  l’eau de mer - littoral (baignade, pêche & élevages)

                                               >  les zônes de captage (contraintes)

                                               >  échanges – débats

 

                     15 h 15  -  Pause

 

                     15 h 30 -  Table ronde 3 -  Le DÉVELOPPEMENT DURABLE –

                                               >  une gestion moderne de l’eau (objectifs qualité)

                         >  le service public et les SDAGE  (Loi NôTRE)

                         >  le prix de l’eau et ses perspectives d’avenir

                         >  échanges – débats

 

 

17 h 15 -  Bilan – conclusion de la journée –

 

 

 

                                                     

Ont bien voulu animer ce  1er  COLLOQUE  de  l'EAU en NORMANDIE

 

Messieurs :

 

- Raphaël TRACOL – ARS NORMANDIE - Responsable Pôle Santé Environnement

 

- Patrice LEROUGEResponsable Normandie Université

 

- Pierre Marie GRONDIN – Responsable Pôle Solidarité Eau

 

-  Alain MAZAUD – Climatologue, adjoint de Jean JOUZEL

 

- Jan POLCHER   - Climatologue, Chercheur au CNRS

 

- Henri de GROSSOUVRE – Directeur- Général du Secteur collectivité Publique à la    Lyonnaise des Eaux

 

- Jean LEPETIT – Vice Président du Conseil Maritime de Façade- Membre de la           Commission Permanente du Conseil National de la Mer et du Littoral

 

- Gérard AUBERY – Président de l'Association des Moulins et Expert : Les Lois sur     l'Eau

 

-Frédéric POITOU – Ingénieur Chimiste – Expert auprès des Tribunaux et à la           Commission Européenne

 

 

 

                                                ************************

pour faciliter l'organisation de cette journée MERCI de bien vouloir vous inscrire, avant le 10 OCTOBRE auprès de :

 

 

- Dominique Damblé : dominiquedamble@gmail.com – Tel : 06 11 80 50 48    ou 

- Pierre Juhel : pierregilles911@gmail.com  -                   Tel : 07 81 89 70 18

 

(*) participation aux frais de repas 10 €

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Publié le 29 Septembre 2016

Niort. Cébron : ils réclament la tête du président de la Fédération de pêche

...
Ils étaient ce mardi une centaine devant le siège niortais de la Fédération de pêche des Deux-Sèvres. © Photo Le Courrier de l'Ouest - Marie DELAGE

Ils ne veulent pas tourner la page.

Ou en tout cas pas avant d’avoir la certitude que l’histoire ne bégayera pas.

Ce mardi en fin d’après-midi, une centaine de pêcheurs se sont retrouvés devant le siège niortais de la Fédération de pêche et de protection du milieu aquatique, où se tenait un conseil d’administration.

Pour dire, banderoles déployées, que la très forte mortalité de poissons due à la vidange du lac du Cébron ne doit rien au hasard. Mais tout à un manque d’anticipation déplorable.

A lire dans "Le Courrier de l'Ouest" du mercredi 28 septembre, édition Deux-Sèvres.

A lire aussi : Saint-Loup-Lamairé - Lac du Cébron : « Plus jamais ça »

Et aussi : Environnement Le président de la SPL du Cébron s'explique

A lire : Saint-Loup-Lamairé - Spectacle de désolation au lac du Cébron

Pour télécharger le journal, cliquez ici

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Publié le 29 Septembre 2016

 

Circulation des saumons, deux siècles d'aménagements problématiques sur l'Aulne (Le Calvez 2015)

Caroline Le Calvez, doctorante du laboratoire de géographie sociale à l'université Rennes 2, a choisi d'étudier l'Aulne canalisée, section aménagée d'un petit fleuve à saumons de Bretagne. Dans un article paru dans la revue Norois, elle dresse un bilan de deux siècles d'aménagements de la rivière et de projets de restauration de sa population de grands migrateurs. Ce cas concret a sa spécificité, mais bien des dimensions font écho à nos propres expériences et interrogations. Malgré plus d'un siècle d'actions et un soutien croissant des institutions, la situation du saumon n'est toujours pas bonne sur l'Aulne. L'expérimentation de "débarrage" à partir de 2010 a suscité de fortes oppositions et la restauration écologique de la rivière ne possède ni base sociale élargie, ni enjeu économique évident. En fait, sur l'Aulne comme ailleurs, il manque un vrai projet inclusif de territoire qui serait susceptible de justifier la remise en cause des usages et des paysages. Mais le discours actuel de "renaturation" est-il seulement capable de porter un tel projet, vu que son horizon programmatique est finalement de minimiser les interactions entre l'homme et la rivière? 

La Bretagne, région qui compte 25 cours d’eau fréquentés par le saumon atlantique, est depuis longtemps sensible à la question des grands migrateurs. Le fleuve côtier Aulne, choisi par Caroline Le Calvez (ESO-UMR 6590 CNRS, Université Rennes 2) pour son analyse historique et institutionnelle, est un bon reflet de ces préoccupations et de la difficulté de construire des consensus de gestion.

Après 1810, 28 barrages implantés sur l'Aulne pour la navigation
Les problèmes des saumons de l'Aulne ne viennent pas des moulins ni des pêcheries d'Ancien Régime mais, comme souvent, des aménagements plus récents. Ici, pour la navigation. Comme le relève la scientifique, "l’Aulne est un fleuve côtier anciennement aménagé par les populations locales pour la pêche au saumon (pêcheries) et l’utilisation de la force hydraulique (moulins). À partir des années 1810, la canalisation de l’aval de l’Aulne sur près de 70 km fait disparaître les habitats favorables à la reproduction du saumon et transforme les conditions d’accès aux sites de frai situés à l’amont sur l’Aulne rivière. (..) Le rehaussement du niveau d’eau pour la navigation est réalisé par l’implantation de 28 barrages, chacun équipé d'une écluse destinée au passage des bateaux, d'un déversoir droit ou en 'V' et d’un pertuis pour l’évacuation de l’eau notamment lors des vidanges d’entretien".

Le dépeuplement des saumons contrarie les pêcheurs qui, à la fin du XIXe siècle, se répartissent en pêche de subsistance, pêche commerciale et pêche sportive naissante. Un acteur local amodiataire de la pêche sur l’Aulne canalisée propose dans les années 1860 d'installer des échelles à poissons. "Ce premier projet se heurte à l’Administration qui reconnaît l’intérêt de la remontée des saumons mais remet en cause les échelles à poissons, considérées comme des dispositifs très onéreux et à l’efficacité incertaine. De plus, pour les ingénieurs des Ponts et Chaussées ce ne sont pas les ouvrages du canal qui sont responsables du déclin des saumons mais la pêche en estuaire et le braconnage qui détruisent la ressource". On retrouve ici le scepticisme qui a accompagné la mise en oeuvre de la loi de 1865 (voir cet article). Une initiative privée mais soutenue par le Conseil général et par un député (lui-même amodiataire de lots de pêche) voit le jour au début du XXe siècle, sur 5 barrages. Entre 1906 et 1919, ce sont 14 échelles à poissons qui sont mises en place sur l’Aulne.

La pêche sportive devient le premier acteur militant, dans un contexte légal et réglementaire de plus en plus favorable
"Progressivement, remarque Caroline Le Calvez, l’enjeu se déplace d’un type de pêche à un autre pour se fixer sur la pêche sportive. Le tourisme de la pêche devient alors la justification majeure dans l’Entre-deux-guerres". Le cours d’eau est classé en "cours d’eau à migrateurs" au titre du décret du 31 janvier 1922 dressant la liste des cours d’eau où la libre circulation des espèces migratrices doit être garantie. Une nouvelle méthode est expérimentée puisque la Fédération de Pêche fait installer des échancrures dans les déversoirs de certains barrages. Cette disposition est alors facilitée par la raréfaction du transport fluvial sur la partie finistérienne du canal.

Malgré l’équipement en échelles à poissons et échancrures, le repeuplement artificiel, la réglementation plus sévères des pratiques halieutiques, le repeuplement du saumon n’est pas correctement assuré dans l'Aulne. Après-guerre, des ingénieurs du canal proposent une "suppression de toutes les installations du canal [pour favoriser] le rétablissement de l’Aulne dans son état naturel", mais cette option n'est pas retenue.

Vient ensuite une série d'évolutions régionales ou nationales:

  • loi sur l’eau de 1964 avec l’émergence de la "nature milieu",
  • création en 1969 de l’Association pour la Protection et la Promotion du Saumon en Bretagne (APPSB),
  • loi de protection de la nature de 1976 et premier Plan Saumon lancé la même année,
  • premier plan quinquennal poissons migrateurs (1981-1985),
  • Contrats de Plan Etat-Région en 1982, intégrant les migrateurs,
  • loi sur la pêche de 1984, qualifiant le poisson de "bien commun" et rappelant l'obligation d'aménagement pour les migrateurs de 1922,
  • création des Cogepomi (Comités de gestion des poissons migrateurs) et des Plagepomi (Plans de gestion des poissons migrateurs) en 1994,
  • directive cadre européenne sur l'eau de 2000 (transposée en droit français en 2004), citant la "continuité de la rivière" dans une annexe et posant le principe d'un "état de référence" du bon état écologique et chimique,
  • loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006 réaffirmant la nécessité de restaurer la continuité écologique (piscicole et sédimentaire) sur des rivières classées,
  • SDAGE 2010- 2015 Loire-Bretagne identifiant l'ouverture des axes migrateurs comme orientation fondamentale.

Des décennies d'investissement, avec des résultats jugés trop modestes par les pêcheurs
Qu'en est-il sur l'Aune ? "La succession des plans migrateurs depuis 1975 a conduit à l’équipement de 21 dispositifs de franchissement par le Syndicat mixte d’aménagement touristique de l’Aulne et de l’Hyères (SMATAH) en charge des travaux pour le compte de la Direction départementale de l’équipement. Des rénovations de passes à poissons sont réalisées sur certains ouvrages afin d’en améliorer la franchissabilité. Sur les barrages non équipés, des passes à poissons 'nouvelle génération' sont construites. Des dispositifs datant des années 1950-1960 sont conservés sur 7 barrages. Les campagnes des années 1990 visent à compléter l’équipement ou le rénover."

Ces choix occasionnent des coûts, relève Caroline Le Calvez : "les mesures prises pour restaurer et protéger la population de saumons représentent un effort financier très supérieur à celui consenti pour les autres espèces migratrices. Par ailleurs, c’est sur ce cours d’eau breton que se concentre l’effort financier régional. La libre circulation constitue en moyenne 24% des dépenses dans les différents plans et arrive en deuxième position après le soutien d’effectifs (Dartiguelongue, 2012)". Pourtant le résultat n'est pas au rendez-vous : "à la fin des années 1990, le constat d’une dégradation généralisée de l’état du canal fait réagir les acteurs locaux. La voie d’eau n’est presque plus empruntée sur l’ensemble de la section finistérienne faute d’entretien suffisant des aménagements, la pollution de l’Aulne est perçue comme problématique par les acteurs locaux. Pour les pêcheurs de saumon, la mauvaise qualité de l’eau est citée comme la principale cause limitant la qualité de la pêche devant l’impact de la canalisation (Salanié et al, 2004)".

Années 2000 : le SAGE relance le processus de débarage de l'Aulne
Le SAGE Aulne est lancé en 2001. Deux projets opposés voient le jour, "l’un organisé autour de l’Aulne comme voie de navigation fluviale et patrimoniale, l’autre en proposant de supprimer son caractère canalisé". Cette politique coïncide avec un projet de débarrage définitif qui remet en cause l’existence du canal. "Portée par la Fédération de Pêche et soutenue notamment par Eau et Rivières de Bretagne, cette suppression des barrages repose sur un argumentaire écologique : il s’agit d’apporter une réponse efficace à la problématique du saumon dans l’Aulne, améliorer la qualité paysagère de la vallée et retrouver une eau de qualité (Eau et Rivières de Bretagne, 1997)". Une étude de radiopistage du début des années 2000 montre que 3 à 4 % des saumons suivis parviennent sur les frayères à l’amont de la partie canalisée, proportion jugée insuffisante par les partisans du débarrage.

Du côté des institutions, des messages contradictoires sont envoyés : l’Aulne canalisée est classée en 2007 en "masse d’eau fortement modifiée" par le Comité de bassin de l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne, une catégorie DCE permettant d'acter le changement anthropique profond d'un écoulement et l'impossibilité de revenir à un "état de référence" dans un court délai. Mais le programme Natura 2000 "vallée de l’Aulne" réaffirme de son côté la nécessité de garantir la circulation des poissons migrateurs.

Une expérience est alors menée : l’ouverture expérimentale des vannes des pertuis situés sur les barrages, pour former une "onde de migration temporaire et progressive aval-amont", deux fois par an (printemps et automne).

Le débarrage perçu comme une politique imposée et hors-sol, des usagers et riverains s'y opposent
Cette expérimentation est l’objet d’une controverse et engendre un conflit impliquant des usagers du canal opposés au débarrage, réunis au sein de l’Association de Sauvegarde de l’Aulne Canalisée (ASAC) depuis 2013. Ces usagers "nient l’efficacité de l’opération pour la restauration du saumon et l’accusent de détruire l’écosystème en place depuis la création du canal pour favoriser une espèce qui n’est quasiment plus pêchée. Ils expriment la crainte que cette expérimentation soit un coup d’essai avant une suppression définitive du canal".

Caroline Le Calvez souligne le caractère déconnecté de cette expérimentation, "développée comme une émanation de la politique européenne et nationale, que l’on pourrait qualifier de 'hors-sol', d’autant plus exogène qu’elle n’a pas été l’occasion d’une concertation sur sa justification locale avec l’ensemble des acteurs. Actuellement, la reconquête du saumon sur l’Aulne est dissociée des questions économiques et touristiques qui étaient un principe et moteur de l’action au début du XXe siècle. Ainsi, en un siècle de politique en faveur de la remontée des saumons, un basculement s’est opéré dans la justification de l’aménagement des ouvrages. Alors que le caractère expérimental pourrait être un moment privilégié de réflexion et de détermination d’un projet partagé, le processus d’ouverture des pertuis reste une intervention confidentielle, impliquant matériellement quelques animateurs-techniciens et usagers intéressés".

Deux visions s'opposent sur le rapport à la rivière
Le débarrage cristallise l'opposition deux visions du monde, l'une centrée sur les écosystèmes et demandant l'adaptation voire la disparition des patrimoines et paysages en place ; l'autre centrée sur le canal existant, ses représentations et ses usages, considérant que l'inadaptation partielle du saumon au site anthropisé est un motif secondaire d'action publique. "Très profondément, note la scientifique, l’expérimentation d’ouverture des pertuis a déclenché la manifestation de blocages sociaux, avec la mobilisation de groupes rétifs à la négociation et au compromis ; s’y cristallisent des clivages politiques et idéologiques plus généraux sur la légitimité de l’application locale de politiques publiques nationales et européennes. In fine, derrière cette confrontation de visions territoriales, se pose la question de la préservation des 'patrimoines' et des 'paysages' construits, représentés par le canal et ses aménagements d’une part, par les espèces migratrices et leur écosystème d’autre part".

Caroline Le Calvez souligne également le caractère clivant et définitif du démantèlement des ouvrages, qui modifie tout un territoire: "l’effacement des ouvrages, même temporaire, se distingue de l’équipement en passes à poissons par son impact socio-spatial. Il entraîne une transformation fonctionnelle du cours d’eau avec une diversification des écoulements. La baisse du niveau de l’eau induit des changements paysagers en fond de vallée. Les usages de l’eau doivent s’adapter à la nouvelle configuration du cours d’eau. Ce nouveau mode d’aménagement entre en tension avec le paysage hérité auquel la population locale est attachée, tensions que les discours et les prises de position des acteurs de l’opération retranscrivent".

Une solution politique? En attente de porteurs d'une vision intégrative du territoire
Sur l'Aulne comme ailleurs, des "camps" se forment selon leur préférence pour telle ou telle option. Les observations et enquêtes de l'universitaire amènent à remarquer que "la pensée des écologues, biologistes et hydrologues tend à plaider pour la qualité des conditions d’épanouissement des espèces migratrices en l’absence d’ouvrages, tout en restant incertains sur l’effet potentiellement contre-productif de la restauration des débits sans barrages. Les riverains, l’organisme de gestion du canal tendent à considérer le canal comme un écosystème de qualité, avec ses rythmes, ses caractéristiques paysagères, son histoire, ses espèces de poissons blancs. Pour ces acteurs locaux, dont font partie certains élus, le saumon doit transiger avec l’existant, alors que la politique publique portée par le Conseil départemental, l’EPAGA et la Fédération de Pêche vise à l’inverse à adapter la voie d’eau au saumon sans pour autant approuver les propositions de débarrage définitif qui avaient été formulées à deux reprises au siècle précédent"

Au final, face à cette diversité des attentes, valeurs et intérêts, face au caractère potentiellement conflictuel des visions en présence, c'est une solution politique qui doit émerger, et une solution venant du territoire, pour le territoire : "Les prises de positions favorables ou à charge font glisser ces projets initialement écologiques vers une réflexion sur le devenir socio-économique des territoires. Ils ne peuvent faire l’économie d’une appréhension par le politique. Ainsi, les controverses qui se développent conduisent à penser que la restauration de la continuité écologique doit sortir des cercles scientifiques et techniques et dépasser l’approche écologique dominante qui conduit à faire des cours d’eau des linéaires déterritorialisés."

Discussion
L'analyse sur la longue durée de Caroline Le Calvez nous rappelle opportunément que les problèmes de continuité écologique, ici le franchissement des obstacles par des grands migrateurs salmonidés, ne datent pas d'hier. Son travail nous inspire les observations suivantes.

Prépondérance (mais déclin) du lobby de la pêche dans la problématique de continuité – Le milieu des pêcheurs a toujours été et reste aujourd'hui le fer de lance des demandes d'aménagement ou d'effacement d'ouvrages hydrauliques, en particulier sur les cours d'eau à salmonidés. Mais depuis son âge d'or après-guerre, ce milieu a largement perdu de son importance sociale et économique, malgré des soutiens publics forts et répétés à l'occasion des grandes lois sur l'eau ou des planifications régionales. Du même coup, les réformes de type continuité écologique ont du mal à prétendre à une large assise citoyenne ou à de forts enjeux d'usage, puisqu'elles sont portées par une minorité de sachants et pratiquants associés à des institutionnels, avec au passage une dommageable confusion entre le service instructeur référent de l'écologie et le monde des pêcheurs (puisque l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques créé en 2006 n'est autre que l'ancien Conseil supérieur de la pêche).

Le nécessaire bilan de la politique de restauration du saumon – Selon l'Observatoire Bretagne grands migrateurs (données 2015), malgré des déversements conséquents depuis 30 ans (centaines de milliers de juvéniles), malgré les aménagements des ouvrages et l'expérience de débarrage depuis 2010, la situation du saumon n'est toujours pas satisfaisante sur l'Aulne. Le niveau du recrutement en juvénile est très mauvais à passable, toujours très inférieur à la moyenne régionale, avec des retours de géniteurs insuffisants à la reconstitution d’un stock sauvage de saumon. Sur l'Aulne et au-delà, cela fait 40 ans qu'il existe une politique des grands migrateurs. On est en droit d'en attendre un bilan qui ne soit pas seulement écologique, mais aussi économique, social et politique. A notre connaissance, il n'existe pas. Quel est le coût annuel actuel et la somme des dépenses consenties? Quels sont les conflits d'usage (et/ou coûts indirects) dans la restauration migratoire? Quelles sont les tendances de long terme observées sur la recolonisation des grands migrateurs et le gain sur chaque bassin une fois débruitée la variabilité naturelle? Quel est l'effet cumulé et tendanciel sur le loisir pêche comme activité économique? Quels sont les succès et les échecs, comment les objective-t-on et quelles leçons en tire-t-on? A-t-on progressé dans la modélisation des repeuplements de saumons (grands migrateurs par extension) avec capacité de prédire des résultats? Quelles sont les perspectives et quel sera leur coût pour la collectivité? L'écologie est passée avec un grand enthousiasme d'une phase militante à une phase institutionnelle au cours des quatre décennies concernées. Elle devient conséquemment soumise à une évaluation plus rigoureuse des politiques publiques (y compris au sein des politiques écologiques de qualité de l'eau et des milieux, où les besoins sont plus importants que les capacités, donc où l'optimalité de la dépense publique doit être recherchée).

Démesure du classement de 15.000 ouvrages en 2012-2013 – Les précédents classements de rivière à fin migratoire ont dans l'ensemble connu des échecs ou des applications très lentes depuis 1865, et le cas de l'Aulne en est un bon exemple malgré une sensibilité et une mobilisation locales. Ce n'est pas une découverte mais un trait assez constant de la politique des rivières depuis 150 ans. Au vu de ces difficultés connues de longue date pour trouver des solutions consensuelles et mobiliser des porteurs de projet, au vu de l'ancienneté de la plupart des "obstacles à l'écoulement" (digues, écluses, seuils, barrages) et de leur place dans la lente construction des territoires français, le choix administratif de 2012-2013 consistant à classer 15.000 ouvrages à aménager en l'espace de 5 ans a été (selon la meilleure hypothèse) inconscient, irrationnel ou irresponsable. De toute évidence, une telle ambition demanderait plusieurs décennies d'engagement, à supposer qu'elle ait un sens sur des rivières où il n'existe pas d'enjeux grands migrateurs immédiats. Tant que le politique et le gestionnaire n'admettront pas que ce type de programme a pour temporalité le siècle (et non pas la prochaine ré-élection ou la planification quinquennale), nous produirons des effets d'annonce ou des pressions absurdes, suscitant la confusion et dépréciant finalement l'intérêt pour l'écologie des rivières.

Les visions antagonistes de la rivière doivent amener à poser les vraies questions – Par rapport à l'étagement moyen des rivières françaises, l'Aulne canalisée est sans doute un cas extrême de discontinuité puisque toute la moitié aval du fleuve (70 km sur 145 km de linéaire) est formée d'une succession de biefs à écluses. Malgré cela, les antagonismes qui s'y dessinent peuvent être observés ailleurs. On ne saurait euphémiser ces antagonismes ou nier leur profondeur sous la forme d'un supposé "manque de pédagogie" (au sens où des citoyens ignares de l'écologie verraient nécessairement la lumière après une leçon donnée par une association environnementaliste, une fédération de pêche ou une agence de l'eau). Posé simplement, la question réduite à son enjeu piscicole est : à quoi consentent les citoyens (en dépense et en perte de l'existant) pour voir revenir le saumon (et d'autres migrateurs) en plus grand nombre sur le bassin supérieur de l'Aulne? La question élargie au territoire est : en dehors de la fonctionnalité du cours d'eau selon les "canons" de l'écologie, qui intéresse les spécialistes mais ne forme pas en soi une finalité politique, les gestionnaires ont-ils un projet de "renaturation" de l'Aulne canalisée qui produirait des services rendus aux riverains et susciterait leur adhésion? Enfin, la question la plus fondamentale pour la politique des rivières en France est : doit-on aujourd'hui et demain réduire pour l'essentiel l'aménagement de la rivière à un objectif de naturalité (convergence vers un "état de référence" peu anthropisé) ou doit-on assumer que la rivière n'est pas ou plus uniquement un fait naturel, car elle répond à une pluralité de valeurs, d'intérêts et d'actions (économie, paysage, patrimoine, loisir, etc.) modifiant son cours spontané, hier, aujourd'hui et (probablement) demain? Si l'on veut faire progresser la "démocratie de l'eau", les citoyens doivent avoir l'opportunité de se prononcer sur de telles questions à échelle de leurs territoires et sur la base d'enjeux concrets, de même que les élus doivent se saisir de la problématique sans langue de bois. Aujourd'hui, les normes, les objectifs et les procédures de la politique des rivières sont à la fois très complexes et non inclusives, même pour des élus et a fortiori pour de simples citoyens. L'effet "hors-sol" (technocratie coupée des gens) observé par Caroline Le Calvez en découle nécessairement. Ce n'est pas une fatalité.

Référence : Le Calvez C (2015), Rétablir la libre circulation piscicole dans les vallées fluviales : mise en perspective des enjeux et des aménagements à partir du cas de l’Aulne (XIXe-XXIe siècles), Norois, 237, 33-50

Illustrations : en haut, l'Aulne (Canal de Nantes à Brest) à Pont-Triffen (juste en aval de la confluence avec l'Hyères) ; en bas le moulin de la Roche (en ruine), en Cléden-Poher, sur les bords de l'Aulne, en amont de Pont-Triffen, photographies de Henri Moreau CC BY-SA 4.0

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Publié le 29 Septembre 2016

Histoire des poissons du bassin de la Seine, une étude qui réfute certains préjugés (Belliard et al 2016)

 La cause paraît entendue : les sociétés développées ont connu une dégradation continue de leur eau depuis deux siècles, ne laissant dans les rivières vaseuses, polluées, fragmentées et privées d'oxygène que des espèces tolérantes aux habitats dégradés. En étudiant un siècle d'assemblages piscicoles et de traits écologiques sur 29 sites du bassin de Seine, Jérôme Belliard et ses collègues montrent que le tableau n'est pas si sombre ni tranché. Si les migrateurs régressent, malgré quelques reconquêtes récentes, en même temps que les exotiques progressent, les poissons rhéophiles (aimant le courant vif), lithophiles (aimant les substrats minéraux) et intolérant aux variations d'oxygène montrent plutôt une tendance à la hausse, au moins sur les bassins n'ayant pas connu d'expansion de la population humaine entre le XIXe siècle et aujourd'hui. 

L'environnement des sociétés humaines est modifié en permanence et les rivières ne font pas exception à la règle. Ces changements peuvent être de nature biologique (acclimatation ou disparition d'espèces), morphologique (modification de lit ou berge), chimique (introduction de substances parfois contaminantes), physique (changement de température, de pH). Les politiques écologiques de protection ou restauration de milieux visent souvent un "état de référence" peu dégradé par des activités humaines, mais il est difficile de définir cet état en raison de l'ancienneté et de l'ubiquité des influences anthropiques.

L'histoire de l'environnement peut contribuer à comprendre la nature, la tendance, le cas échéant l'ampleur des modifications humaines. C'est à cet exercice que se sont livrés Jérôme Belliard, Sarah Beslagic, Olivier Delaigue et Evelyne Tales, chercheurs à l'Irstea (et Université de Namur pour S. Beslagic), en analysant les peuplements de poissons du bassin de Seine depuis un peu plus d'un siècle.

Bassin de Seine, 17 millions d'habitats sur 78.600 km2
Ce bassin de Seine, d'une superficie totale de 78.600 km2, a connu une forte expansion de sa population depuis le XIXe siècle, passant de 4 à 17 millions d'habitants.  Mais les mouvements internes de ces populations n'ont pas été uniformes : hausse puis baisse des habitants dans les zones rurales (notamment amont), forte densification de l'agglomération parisienne (60% de la population sur 4% de la superficie).

Jérôme Belliard et ses collègues ont cherché sur ce bassin des tronçons de rivière sur lesquels on dispose d'une information assez ancienne et solide sur les assemblages de poissons (base Chips pour Catalogue Historique des Poissons de la Seine) : travaux de naturalistes et d'ichtyologues, monographies régionales, compte-rendus ou enquêtes d'autorités publiques, cartes halieutiques, archive des pêches électriques du Conseil supérieur de la pêche (aujourd'hui Onema), et bien sûr relevés piscicoles de la période récente (1981-2010).

Au final, 29 tronçons ont répondu à ces critères, dont la carte est indiquée ci-dessous (cliquer pour agrandir). On y observe des rivières de nos bassins (Laigne, Armance, Créanton, Serein à Chablis, Armançon à Tonnerre et Saint-Florentin, Cure à Vermenton, Cousin à Avallon, Yonne à Corbigny). Les plus anciennes données datent de 1850 (avec une première période trentenaire de référence consolidée sur 1871-1900).

Extrait de Belliard et al 2016, art.cit., droit de courte citation.
 

Concernant les assemblages de poissons (51 taxons), les chercheurs ont défini 5 traits écologiques ayant 3 modalités chacun : habitat (rhéophile, limnophile, eurytope), tolérance à l'oxygène, température de frai, substrat de frai (lithophile, phytophile, lithophytophile), régime alimentaire (omnivore, invertivore, piscivore). Ils ont également étudié les espèces migratrices (11 taxons, 20%), dont le déclin est largement documenté en Europe occidentale, et les espèces non-natives (17 taxons, 33%). La répartition des espèces suit un gradient amont-aval, avec des têtes de bassins moins riches (15 ou 16 espèces Andelle et Laigne) et des plaines alluviales plus diverses (36 espèces sur la Seine à Rouen). La distance de Jaccard (mesure de similarité de deux échantillons) a été calculée sur chaque site pour toutes les périodes disponibles.

Principaux résultats
Quelles sont les découvertes de Jérôme Belliard et ses collègues sur l'ensemble des sites?

  • les changements d'assemblage de poissons ont tendance à augmenter au cours de la période;
  • les espèces migratrices ont décliné entre la période la plus ancienne et la plus récente (sans jamais excéder une perte de 3 espèces par site et avec une tendance à la recolonisation récente sur certains sites);
  • les espèces non natives (exotiques) ont au contraire augmenté, mais principalement dans les larges cours d'eau (observation inverse dans les rivières de taille petite ou moyenne);
  • la diversité alpha (sur site) est constante, mais la diversité bêta (entre sites) tend à augmenter dans le temps, principalement en raison des espèces non natives;
  • la proportion des espèces rhéophiles et des lithophiles a augmenté au détriment des eurytopes et phytolithophiles, de même que les espèces intolérantes à la variation d'oxygène ont connu une croissance;
  • ces deux dernières tendances montrent une corrélation à la variation de la densité de population des bassins versants (seul facteur anthropique analysé);
  • il n'y a pas de changement notable sur la température de frai (donc pas d'influence sensible du climat, bien que la période historique commence dans la sortie du petit âge glaciaire en Europe et l'entrée dans le réchauffement moderne).

L'image ci-dessous (cliquer pour agrandir) indique l'évolution des traits écologiques entre la période la plus ancienne et la période la plus récente des tronçons analysés.

Extrait de Belliard et al 2016, art.cit., droit de courte citation.

Les chercheurs concluent sur l'intérêt de l'approche historique pour connaître les évolutions complexes des milieux aquatiques, mais aussi sur les limites de cette approche quand le gestionnaire vise à définir des "conditions de référence" de ces milieux, conditions vis-à-vis desquelles un écart sera considéré comme une dégradation ou une amélioration (voir Bouleau et Pont 2015). On est enclin à penser que plus cette référence sera ancienne, moins elle sera altérée par l'homme et représentative d'un état "désirable". Les choses ne sont manifestement pas si simples.

Discussion
L'augmentation des espèces rhéophiles et lithophiles vient comme la principale surprise de cette étude, car ces poissons sont plutôt considérés comme des indicateurs de bonne qualité des milieux (point porteur d'un jugement de valeur qui serait à débattre par ailleurs, de même que la dépréciation des espèces non natives, mais ce n'est pas l'objet de cet article). Comme le note les chercheurs : "Une vue couramment admise assume qu'au moins dans les pays développés, les assemblages piscicoles des rivières ont connu une détérioration large et continue, particulièrement durant les deux derniers siècles (Hughes et al 2005). Nos résultats suggèrent au contraire que dans le cas du bassin de la Seine, cette vue doit être substantiellement nuancée, voire réfutée".

Parmi les explications possibles, les auteurs notent la suppression de petites retenues agricoles et étangs devenus sans usage un cours du XXe siècle, les travaux de drainage et recalibrage visant à accélérer l'évacuation des crues (donc créant un courant plus vif), l'exode rural et le déclin démographique de nombreuses zones du bassin. Cette dernière hypothèse est renforcée par le fait que les zones ayant gagné en densité humaine ont aussi une tendance inverse en faveur des limnophiles, omnivores et tolérants aux variations d'oxygène.

Un facteur n'est pas cité par les chercheurs : la pêche. Celle-ci a pourtant son influence sur les assemblages piscicoles, tant du fait de son déclin continu sur la période analysée que du fait des déversements d'espèces, qui ont eu tendance au contraire à croître (voir par exemple Haidvogl et al 2015 sur le Salzach).

Un autre point n'est pas clarifié : si l'évolution des populations piscicoles sur les périodes géologiques est connue, peut-on s'attendre à des variations naturelles (aléatoires ou non) des populations piscicoles sur les durées historiques, c'est-à-dire à échelle de la décennie, du siècle ou du millénaire? La recherche des causes anthropiques d'une évolution ("signal") demande déjà de bien calibrer le "bruit" de la variabilité naturelle, comme cela se fait par exemple dans les sciences du climat.

Enfin, si l'histoire de l'environnement est certainement l'un des champs de recherche très prometteurs pour mieux comprendre la variabilité spontanée et forcée des systèmes naturels (voir Boivin et al 2016), cette démarche est encore assez peu développée. Les sources historiques gagneront certainement à être consolidées et croisées à des données issues de l'archéologie, la paléo-écologie, la génétique des populations et la phylogénie moléculaire.

Référence : Belliard J et al (2016), Reconstructing long-term trajectories of fish assemblages using historical data: the Seine River basin (France) during the last two centuries, Environ Sci Pollut Res, doi:10.1007/s11356-016-7095-1

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Publié le 27 Septembre 2016

Et il continu à s'enfoncer Mr Lacroix!...
Encore des mensonges pour essayer péniblement de se défendre!...
Il va finir par perdre sa crédibilité... :))

 
Photo de Nicolas Migeon.
Photo de Nicolas Migeon.
Photo de Nicolas Migeon.
Photo de Nicolas Migeon.

 

Nicolas Migeon a ajouté 4 photos.

19 h ·

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ne vous laissez pas manipuler par Lacroix !
La fédération a signé une convention à la création du lac qui la rend responsable de la pêche et des poissons du barrage du Cebron. Elle a refusé d'assumer ses responsabilités et laissé le dossier à un organisme incompétent en la matière : la SPL.
La fédération et surtout son président Lacroix, qui a manœuvré tout seul, sont fautifs.
Il sait qu'il est en faute et que la SPL des eaux du Cebron exposera ses erreurs au grand public s'il conteste et vient rejoindre les pêcheurs en colère.
Son argument comme quoi si la fédération accuse la SPL, celle-ci supprimera la pêche sur le lac est entièrement faux car le lac est traversé par une rivière classée ( le Cébron ) donc la pêche ne peut pas être interdite !
Venez nous rejoindre devant la Fédération de pêche à Niort mardi 27 à partir de 17h pour réclamer la démission de ce personnage qui prend les pêcheurs pour des museaux de tanche !

 
 
 
 
 
 

Commenter

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Publié le 26 Septembre 2016

 

États-Unis: des effacements de barrages peu et mal étudiés (Bellmore et al 2016)

 Certains gestionnaires mettent en avant la politique d'effacement de barrages aux Etats-Unis pour laisser entendre que ces opérations en rivière sont désormais parfaitement calées dans leurs méthodes et leurs résultats. Il n'en est rien, comme le montre une étude venant de paraître. Moins de 10% des effacements font l'objet de suivis scientifiques aux États-Unis. Parmi ces suivis, presqu'aucun ne dépasse 5 ans, les mesures contrôlées avant-après sont minoritaires, la qualité biologique des milieux n'est pas toujours analysée, la qualité chimique de l'eau ne l'est presque jamais. Quant aux petits ouvrages (moins de 2 m), s'ils sont numériquement abondants dans les effacements, ils restent orphelins pour la plupart d'une vraie analyse de leurs enjeux. L'effacement des barrages à fin écologique relève clairement d'une logique d'expérimentation, et n'est en rien une option de routine de l'aménagement des rivières comme le prétendent encore ceux qui nient, ignorent ou minimisent les mises en garde venues de la recherche scientifique.  

On estime qu'il existe aux Etats-Unis plus de 2 millions d'ouvrages hydrauliques en rivière. Au total, 1200 barrages ont été effacés à date, la majorité des opérations ayant eu lieu au cours des deux dernières décennies (voir aussi un bilan chez Fencl 2015). Le premier motif de démantèlement est formé par des considérations de sécurité en fin de concession, quand l'ouvrage n'a plus d'usage mais peut créer des risques de dommage aux biens ou aux personnes. Cette préoccupation s'est renforcée de considérations environnementales, qui d'une part ont rendu plus coûteux le maintien et la réfection des barrages, d'autre part ont promu la restauration de la continuité longitudinale au bénéfice des migrateurs et la restauration du "débit environnemental" (sans pointe, avec variation saisonnière) au bénéfice des milieux, notamment les invertébrés et populations de berge.

J. Ryan Bellmore et ses collègues des administrations états-uniennes en charge de l'environnement ont passé en revue la recherche sur les effacements de barrages. Comme ils le rappellent, l'effacement de barrage n'a pas que des avantages puisqu'il peut occasionner par exemple des remobilisations de sédiments pollués ou des expansions d'espèces invasives vers de nouveaux milieux jusqu'alors épargnés. S'y ajoutent les conflits d'usage et de représentation, qui commencent à intéresser aussi les chercheurs outre-Atlantique (par exemple Fox et al 2016). "Comprendre comment la recherche scientifique peut informer la prise de décision en effacement de barrage va déjà requérir un point sur la quantité, la qualité et la nature de ces recherches", soulignent les auteurs.

Courbe d'évolution des effacements d'ouvrages (marron) et des études (gris). En encart, histogrammes des classes de hauteur par effacement et par étude. Extrait de Bellmore et al 2016, art cit, droit de courte citation.
 

Voici leurs principales conclusions :

  • 9% seulement des opérations de destruction de barrage ont donné lieu à une étude scientifique;
  • dans les documents identifiés, 50% sont des articles scientifiques revus par les pairs et 24% des thèses, les autres publications relevant de la "littérature grise";
  • les petits barrages (moins de 2 m) sont sous-étudiés, avec 28% des opérations mais 12% des recherches, alors que des sites plus "visibles" concentrent les moyens d'investigations (12 études pour le seul barrage Marmot en Oregon, par exemple);
  • 80% des études ont réalisé une analyse avant-après, mais souvent sans procédure de contrôle de la significativité du résultat (36% ont procédé à des analyses contrôlés dites BACI, considérées comme plus robustes);
  • la durée du contrôle (avant comme après) est courte, pas plus d'un ou deux ans avant, plus de deux après dans 35% des cas, plus de 5 ans après dans 5% des cas seulement, ce qui est insuffisant pour comprendre la réponse (ou l'absence de réponse) des milieux, garantir la pérennité d'une observation, évaluer la variabilité naturelle des indicateurs (indépendante du chantier);
  • le suivi est avant tout hydrologique et morphologique (réponse de l'écoulement, des sédiments, de la forme du chenal) alors que l'effet biologique est moins contrôlé (poisson dans 30% des cas, invertébrés 19%, végétation 13%), de même que la qualité de l'eau (polluants mesurés dans 6% des études seulement).

Les auteurs font ensuite une série de propositions pour améliorer la rigueur, la qualité et la centralisation des études scientifiques d'effacement de barrage, en vue de mieux répondre aux questions que se posent les décideurs et la société sur les effets prévus des effacements, le temps nécessaire pour l'amélioration des milieux, l'intégration des enjeux écologiques avec les autres dimensions économiques, sociales et politiques de ces projets.

Discussion
Certains en France invoquent l'expérience nord-américaine d'effacement de barrage pour justifier la politique très agressive de continuité écologique mise en place par l'administration à compter de 2009-2010. Ils oublient des précisions utiles pour un débat démocratiquement informé:

  • le nombre de barrages effacés aux Etats-Unis, s'il est en croissance forte (cf courbe ci-dessus), reste bas (1200 ouvrages en un siècle versus par exemple 15000 ouvrages à traiter en 5 ans dans le classement français de continuité) et représente un taux extrêmement faible par rapport au nombre total d'ouvrages hydrauliques sur le territoire nord-américain;
  • la politique nord-américaine s'inscrit dans un contexte particulier qui n'est pas généralisable, la tendance mondiale est à la construction d'ouvrages plutôt qu'à leur destruction (voir LeRoy Poff et Schmidt 2016,  Chen et al 2016), aucun pays soumis à la directive cadre européenne n'a engagé une politique fortement axée sur la continuité comme condition supposée prioritaire d'un bon état chimique et biologique ;
  • les Etats-Unis sont aussi le lieu où, à compter des années 2000, la politique de restauration (particulièrement morphologique) des rivières engagée dans les années 1970-1980 a commencé à produire un retour critique chez les chercheurs (voir cette synthèse), avec un constat de carence généralisée des suivis et de faible confiance dans les résultats (des critiques similaires en France chez Morandi et al 2014 par exemple).

Finalement, l'analyse de J. Ryan Bellmore et de ses collègues montre que, même dans le domaine formant sa justification par excellence (écologie), la politique d'effacement des ouvrages hydrauliques reste encore trop peu informée scientifiquement. Le défaut de connaissance et d'évaluation est évidemment plus fort dans d'autres domaines d'intérêt de cette politique comme l'archéologie, l'histoire, la sociologie ou la science politique.

Avoir transformé l'expérimentation sur les effacements d'ouvrages hydraulique en politique nationale systématique tout en prétendant avec arrogance que les résultats seront forcément excellents pour l'environnement et que toutes les destructions ont du sens relève décidément d'un exécrable dogmatisme français. Ceux qui s'illustrent aujourd'hui sans précaution ni esprit critique dans cet exercice sectaire devraient s'aviser de la grande prudence dont font preuve les chercheurs, aux antipodes de la précipitation sur des objectifs simplistes et de l'urgence factice pour des rivières anthropisées de bien plus longue date en Europe qu'aux Etats-Unis.

Référence : Bellmore JR et al (2016), Status and trends of dam removal research in the United States, WIREs Water, doi: 10.1002/wat2.1164

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Publié le 26 Septembre 2016

 

Metabarcoding: quand l'ADN révèle la biodiversité des rivières (Deiner el al 2016)

 Les équipes suisse et nord-américaine de Kristy Deiner et Florian Altermatt viennent de publier dans Nature Communications un article plein de promesses sur l'utilisation de l'ADN environnemental pour évaluer la biodiversité des rivières et bassins versants. Cette méthode, dite du metabarcoding, peut détecter par un seul prélèvement des milliers de génomes d'espèces présentes à l'amont du point de mesure. Une vraie révolution pour les diagnostics écologiques, dont une faiblesse connue est la difficulté d'acquérir des données de qualité sur les hydrosystèmes. 

Tous les organismes présents dans et autour d'une rivière perdent des petits éléments organiques sous forme de tissus, gamètes, organelles ou cellules. On y trouve leur ADN, qui est appelé ADN environnemental (eDNA en acronyme anglais, ADNe dans cet article). Jadis, retrouver ces modestes traces auraient été une gageure. Mais la révolution génomique est passée par là.

Le contenu total en biodiversité d'un échantillon ou d'un site est parfois difficile à évaluer par la voie classique (capture, tri et morphologie visuelle permettant d'assigner un taxon). On utilise depuis quelques années des méthodes appelées barcoding et metabarcoding. Grâce aux progrès de la bio-informatique (séquençage très haut-débit), on peut identifier et amplifier des extraits génétiques connus et assignés à des espèces (les "code-barres"), comme les séquences conservées qui entourent des ARN ou des gènes mitochondriaux. Le processus de séquençage se tient en parallèle et il est largement automatisé, ce qui permet d'assigner rapidement les ADNe d'individus du milieu étudié à un catalogue génétique pré-établi d'espèces. Sachant que les bases publiques internationales conservent déjà des centaines de milliers d'échantillons génétiques. Ficetola GF et al 2008 (Université de Grenoble) et Porazinska DL 2009 (Université de Floride) avaient par exemple déjà utilisé des méthodes de ce type pour explorer un environnement aquatique.

Parmi les avantages du metabarcoding pour les milieux aquatiques: détection de l'ensemble des communautés d'une rivière, évitement du biais d'autocorrélation spatiale des mesures classiques, technique non létale, pas de perturbation des zones échantillonnées, coût extrêmement réduit par un protocole de prélèvement unique.

Extrait de Deiner et al 2016, art cit, droit de courte citation.
 

Kristy Deiner et ses collègues ont ici étudié la rivière Glatt en Suisse. Ils ont identifié 296 familles appartenant à 19 embranchement (phyla) eucaryotes. Toutes les familles ont été vérifiées par rapport à des espèces connues en Suisse ou dans l'un des quatre pays adjacents (cf image ci-dessus, cliquer pour agrandir).

Parmi les 296 groupes, 196 étaient des arthropodes. Parmi les macro-invertébrés, 65 ont été détectés par l'ADN environnemental et 13 supplémentaires par la méthode classique du filet. Sur ce total de 78 taxons, 32 ont été uniquement identifiés par l'ADNe, et auraient donc été ignorés par l'échantillonnage classique. Sur les 13 spécimens identifiés au filet, 11 étaient bien présents dans l'ADNe, mais leurs alignements de paires de base n'ont pas répondu aux valeurs de filtre choisies par les auteurs pour l'identification.

La diversité alpha s'est révélée proportionnelle à la superficie du bassin versant au droit de l'échantillonnage, phénomène non retrouvé dans les mesures traditionnelles. La diversité bêta s'est comportée de manière inverse (identique dans l'ADNe, augmentant avec la distance dans l'analyse au filet). Cela s'explique notamment par la circulation de l'ADNe : il tend à être transporté vers l'aval, sur des distances allant de 200 m à 12 km selon la littérature. Le metabarcoding ne donne donc pas une photographie de la biodiversité à l'échelle d'une station (où l'échantillonnage classique reste plus précis), plutôt d'un tronçon ou d'un petit bassin versant. Il augmente la diversité au point de mesure (d'où l'alpha supérieure à la méthode classique) et lise les différences entre sites proches (d'où la bêta inférieure). Malgré cela, c'est un outil extrêmement puissant pour identifier rapidement la présence d'espèces que l'on ne peut repérer toutes par la voie habituelle.

Les auteurs relèvent diverses limitations actuelles de cette méthode : dégradation ou dispersion de l'ADNe (ultraviolet, pH, température, crue), sensibilité au choix des marqueurs (appelés primers) et aux bases de référence (l'analyse montre par exemple moins de poissons, de vers et de diatomées que n'en contient réellement le bassin versant), progrès à faire dans la détection des faux positifs et négatifs. Il n'en reste pas moins que par sa simplicité de prélèvement, sa puissance d'analyse et ses premiers résultats tangibles, le metabarcoding environnemental représente une vraie révolution dans l'étude de la biodiversité, en particulier celle des rivières qui transportent les traces ADN des organismes aquatiques et terrestres.

Référence : Deiner K et al (2016), Environmental DNA reveals that rivers are conveyer belts of biodiversity information, Nature Communications, 7, 12544, doi:10.1038/ncomms12544

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Publié le 26 Septembre 2016

 

L'étang du Louroux: un étang peut-il en gâcher un autre ?

L’étang du Louroux en Indre et Loire fait l’objet de dépenses colossales (travaux, études diverses) et de toutes les considérations environnementales…en amont de la digue uniquement. En aval, concernant l’hydromorphologie, c’est beaucoup moins glorieux : le cours d’eau est durablement colmaté.

La continuité écologique à l’étang du Louroux…l’envers du décor
L’étang du Louroux construit par les moines au Xème siècle a été acquis par le Conseil Général d’Indre et Loire en 1990. Il illustre assez bien d’une manière générale, la gestion d’un ancien étang privé devenu public :
- il contribuait à l’autosuffisance alimentaire et répondait aux objectifs de production,
- depuis 10 siècles, il s’autofinançait : il ne rapportait pas grand-chose mais il ne coûtait rien,
- depuis 1990, il coûte des millions d’euros…

louroux_cre
- il était pêché tous les ans ou tous les deux ans et après l’acquisition, il n’a plus été géré au plan piscicole jusqu’en 2000.
- il a fait l’objet de nombreuses études mais la qualité de l’eau ne s’est pas améliorée et le programme de gestion se soucie plus des roselières et des parcelles boisées en amont que de l’Echandon en aval.

Il n’est considéré que sous l’angle ENS (classement espace naturel sensible pour justifier l’achat en 1990 par la Collectivité). Cet ouvrage artificiel est considéré comme un actif « naturel » très riche. Tout est question d’appréciation(1). Des sommes considérables lui sont consacrées pour toutes les thématiques environnementales... en amont de la digue.
louroux_evaluation_cre-2003-2008
Nonobstant les nombreuses évocations dans les divers documents, les exigences du Code de l’environnement et les prescriptions de la DCE et de la continuité écologique sont ignorées en aval du Louroux.
louroux_programme-2010-2014
La presse porte régulièrement écho à ce qui se passe au Louroux

louroux_article

la fête pour les uns

c'est la fête pour les uns

une eau très turbide en aval pour les autres

et une eau extrêmement turbide en aval pour les autres

Une non gestion des sédiments inadmissible: coupable mais pas responsable
Le largage des sédiments dans le milieu naturel est un délit. L’ONEMA n’a pas hésité à dresser procès-verbal au propriétaire de l’étang du Prè en aval lors d’une opération de vidange il y a quelques années. Cet étang privé, fondé en titre, probablement aussi ancien que celui du Louroux hérite des sédiments et sert, de facto de bassin de décantation de son voisin 25 fois plus grand juste en amont.
Ce grand écart entre les déclarations dans les dossiers et leur non-respect sur le terrain est inadmissible.
Ce déni des impacts réels par le Conseil départemental et par le syndicat de rivière (SAVI) est intolérable.
Cette iniquité de traitements de l’ONEMA entre les maîtres d’ouvrages publics et privés apparaît de plus en plus insupportable sur le terrain.
Lors de la dernière vidange, trois, quatre ou cinq mille mètres cubes de sédiments allaient se retrouver dans le ruisseau.

un système vite débordé

un système sous dimensionné, vite débordé...

...incapable de répondre à l'enjeu de captage des sédiments

...incapable de répondre à l'enjeu de captage des sédiments

Si les quelques ballots de paille et un ursus à mouton disposés sur trois rangées dans la pêcherie d’environ 250m² constituent un dispositif qui satisfait les autorités en charge de l’eau pour un petit étang, il s’agit d’une mystification pour un étang de plus de 50 ha (2).

de la poudre aux yeux

de la poudre aux yeux

quelques ballots de paille en guise de remède

quelques ballots de paille en guise de remède

Personne ne relève l’imposture, L’ONEMA dans sa complicité muette ne dresse jamais aucun PV...à ce type de propriétaire? [il serait intéressant, par transparence et au titre de l'exemplarité de l'Etat, de connaître le ratio de PV de l'ONEMA à l'aune du statut du propriétaire].
Le désarroi du propriétaire en aval: pas responsable mais coupable.

Depuis 2000, l’étang de 2ha 50 en aval s’est retrouvé comblé. Un gros préjudice immobilier, une impasse au titre du CE puisqu'il n'est pas responsable mais coupable.
Se retrouvant dans le périmètre de la DIG de « l’Indre médian et de ses affluents » qui prévoit pour ~6 millions d’euros des prescriptions qui n’amélioreront qu’à la marge la qualité de l’eau, l’étang du Pré aurait pu imaginer que des travaux de curage soient pris en charge par cette DIG. Rien de tel n’a été prévu: les prospectives se limitent à couper quelques brindilles par ci, enlever quelques petits embâcles et remettre des tas de graviers dans les fossés par là.

Quant à la rhétorique du Conseil départemental sur ce sujet précis, elle est assez "minable" comme s'exprimerait Jean-Marc Ayrault. La topographie permettrait de créer deux, voire trois bassins de rétention en aval de l'étang du Louroux, de curer l'étang du Pré dans le cadre de la DIG et de restituer au cours d'eau une eau moins chargée en sédiments pollués.

Indre-et-Loire - Le Louroux, Loches -article de La Nouvelle République
Un étang peut-il en gâcher un autre ?
16/09/2016
Au Louroux, le propriétaire d’un étang privé met en cause le conseil départemental. Les vidanges successives de l’étang public envaseraient le sien.
A leurs couleurs différentes, on devine l'empilement des couches de vase successives au fil du temps. En suivant Thierry Gourdet, on marche dans un paysage lunaire : un lac envahi de vase. Au milieu, la maigre rivière de l'Échandon semble peiner à se frayer un passage. L'étang du Moulin du Pré, sur la commune du Louroux, fait peine à voir.
Thierry Gourdet a racheté cette étendue d'eau de 350 m de long, ainsi que les maisons du hameau, en 2004. Et pour lui, pas de doute : la cause est à chercher trois kilomètres en amont, à l'étang du Louroux. Ou plutôt à Tours, au conseil départemental qui vidange tous les trois ans (*) l'étang du Louroux. « Après chaque vidange, 20 à 30 centimètres de vase supplémentaires viennent s'ajouter dans mon étang, témoigne Thierry Gourdet. En une dizaine d'années, on peut considérer que cela a atteint au moins un mètre d'épaisseur. »
Il assure que le niveau d'eau de son étang a drastiquement baissé. La vase qui s'échappe de l'étang du Louroux à chaque vidange viendrait s'accumuler dans son étang en suivant le cours de la rivière qui les relie. « Il n'y a pas de bassin de rétention à l'étang du Louroux. Du coup, c'est mon étang qui sert de bassin de rétention à chaque vidange », poursuit Thierry Gourdet. Il voudrait que le conseil départemental crée un bassin de rétention au niveau de l'étang du Louroux. Ou, au moins, qu'il procède à l'enlèvement de la vase dans son étang : « Il n'y a pas de raison de laisser crever un endroit pareil. »
" Il n'y a pas de raison de laisser crever un endroit pareil "
Au Département, sans surprise, on certifie œuvrer dans le respect des règles environnementales. Des filtres à paille, destinés à retenir les sédiments, ont été installés aux abords de l'étang du Louroux en 2013. Fabrice Boigard, vice-président à l'environnement, évoque « des opérations de terrassement à l'arrière de la digue » également supposées « freiner » l'écoulement de la vase. Surtout, affirmant s'appuyer sur des « études », il argue que la majeure partie de la vase qui engorge l'étang du Moulin du pré « ne provient pas de l'étang du Louroux mais du cours principal de l'Échandon ». Il n'y aura donc pas de bassin de rétention à l'étang du Louroux. Fabrice Boigard ne prend aucun autre engagement par ailleurs. Il « ne sait pas » s'il sera possible au Département de faire évacuer la vase de l'étang du Moulin du pré, mais il se dit prêt à « travailler avec » son propriétaire.

(1) Cette mauvaise foi dans la lecture de la nature est consternante : tout ce qui est ancien est réputé ‟patrimoine environnemental riche à préserver” et fait l’objet de tous les classements ; tous les ouvrages récents sont stigmatisés… en oubliant qu’ils deviendront ‟anciens”.
(2) Une fois le terrain ressuyé, les sédiments secs ont été extraits. Quel volume dérisoire a-t-il été évacué?

quelques m3 de sédiments sèchent

quelques m3 de sédiments sèchent

en attente d'évacuation

en attente d'évacuation

les traces du délit sont effacées après quelques mois

les traces du délit sont effacées après quelques mois

Voir les commentaires

Rédigé par jojo

Publié le 24 Septembre 2016

image: http://www.letelegramme.fr/images/2016/09/24/jean-hascoet-de-l-association-baie-de-douarnenez_3100560_437x330p.jpg?v=1

Jean Hascoët, de l'association Baie de Douarnenez Environnement, a invité Geneviève Arzul et François Quiniou à évoquer ce sujet complexe.
Jean Hascoët, de l'association Baie de Douarnenez Environnement, a invité Geneviève Arzul et François Quiniou à évoquer ce sujet complexe.

Les écotoxicologues finistériennes Geneviève Arzul et Françoise Quiniou mettent en avant les effets néfastes des pesticides sur le plancton marin, base de la chaîne alimentaire en mer. Elles interviennent mardi, à Douarnenez (29).



Qu'est-ce qui vous a poussées à travailler sur les liens entre plancton marin et pesticides ?
Anciennes d'Ifremer, nous sommes écotoxicologues, étudiant l'influence des produits toxiques sur l'environnement. Nous avons travaillé sur les peintures antisalissure, les boues de dragage et, depuis les années 90, sur les pesticides, en coordonnant notamment l'ouvrage « Plancton marin et pesticides : quels liens ? », paru en 2014. L'idée est que tout ce que nous mettons dans le sol a un impact sur le plancton marin : ces produits se retrouvent en quelques heures, jours ou semaines dans les eaux littorales. Et nos recherches en laboratoire comme sur la zone côtière nous démontrent que les pesticides modifient ensuite la qualité du milieu marin et ont une influence sur sa biodiversité.

Dans le détail, quelles sont ces conséquences ?
Pour résumer, les fongicides, herbicides et insecticides ont tendance à taper fort sur le zooplancton et ses oeufs, larves et petits animaux, et sur le phytoplancton et ses algues unicellulaires. Même de toutes petites doses peuvent avoir des effets. Des espèces moins tolérantes disparaissent, des écosystèmes sont déstabilisés et des animaux ne peuvent plus se nourrir, se reproduire... Or, le plancton est à la base de la chaîne alimentaire marine ! Il n'est pas la cible de ces produits mais en souffre.

Lancez-vous un cri d'alarme ?
Nous sommes des chercheuses, pas des militantes associatives qui verraient tout en blanc et noir. Nous pointons des risques potentiels d'un usage non contrôlé de pesticides, en apportant des faits qui, espérons-le, améliorent les connaissances du grand public. Il faut savoir, par exemple, que des molécules interdites depuis de nombreuses années se retrouvent encore dans le milieu. Que des substances actives différentes peuvent se mélanger et voir leurs effets toxiques s'annihiler comme s'additionner : personne ne peut encore le prédire. La France est le premier consommateur européen de pesticides, dont 95 % des usages par les agriculteurs. La prise de conscience est incontournable.

Des réglementations sur les pesticides sont mises en place...
Oui, depuis les années 80, les plans se succèdent et connaissent l'échec. Prenez le plan Ecophyto 2018, qui vise à réduire de moitié l'usage des pesticides. Mais la moitié du tonnage ? Du nombre de molécules ? De leur toxicité ? On peut réduire de moitié la quantité mais si le produit est deux fois plus puissant... C'est flou.

Pratique
Conférence sur les « Effets des pesticides sur le plancton marin », mardi, à 20 h 30, à l'auditorium du Port-Musée de Douarnenez.

© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/morbihan/plancton-les-pesticides-pointes-du-doigt-24-09-2016-11229112.php#CbcWp8MUR4Oe7LP0.99

Voir les commentaires

Rédigé par jojo